La publication de la nouvelle loi relative à l’organisation de la profession d’avocat au Bulletin officiel n’a pas mis fin à la contestation au sein des barreaux marocains. Le bâtonnier de Rabat, Aziz Rouibah, affirme que les avocats poursuivront leur mobilisation pour défendre l’indépendance et la dignité de la profession.
Entrée officiellement en vigueur après sa publication au Bulletin officiel le 19 août 2026, la nouvelle loi continue de susciter l’opposition de l’Association nationale des barreaux du Maroc (ANBM), qui estime que certaines de ses dispositions portent atteinte à l’indépendance de la profession vis-à-vis des pouvoirs publics et de la justice.
Dans une déclaration publiée vendredi, Aziz Rouibah a assuré que les avocats poursuivraient leur « lutte professionnelle » en utilisant les mécanismes légitimes à leur disposition. Il considère la nouvelle législation comme une loi « injuste et inique », tant dans sa conception que dans les conséquences de certaines de ses dispositions.
Le bâtonnier de Rabat estime que la profession a subi plusieurs difficultés au cours des dernières années, affectant selon lui son histoire, sa situation actuelle et ses perspectives d’avenir.
Une nouvelle phase de confrontation
Pour Aziz Rouibah, la publication de la loi marque le début d’une nouvelle étape dans le bras de fer entre les avocats et les autorités.
Il a toutefois écarté toute volonté de recourir à la désobéissance, soulignant que les avocats ne souhaitent ni ignorer la situation ni capituler. La profession entend ainsi poursuivre son action dans le cadre des mécanismes qu’elle considère comme légitimes.
Cette position intervient alors que les avocats observent une grève illimitée depuis une centaine de jours. Ce mouvement a entraîné d’importantes perturbations dans le fonctionnement des tribunaux et affecté directement les justiciables, notamment les personnes placées en détention préventive.
Des appels à la reprise du travail
Face à la prolongation de la paralysie des tribunaux, des voix commencent toutefois à appeler à une reprise du travail des avocats.
Le Parti de la justice et du développement (PJD) a notamment appelé les avocats à reprendre leur activité dans les tribunaux à travers le Royaume. Le parti a également attribué au gouvernement, au ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi et au Parlement une part de responsabilité dans l’impossibilité pour la Cour constitutionnelle de se prononcer sur la conformité de la nouvelle loi à la Constitution.
La Cour constitutionnelle avait relevé un problème de procédure dans la saisine effectuée par le président de la Chambre des représentants, celle-ci n’étant pas accompagnée d’une copie certifiée conforme de la loi concernée. Plusieurs formations politiques ont également critiqué cette situation.
Les barreaux se réunissent
Dans ce contexte tendu, l’Association des barreaux du Maroc a convoqué son conseil, qui compte près de 200 membres, à une réunion à Rabat afin d’examiner l’évolution de la situation et les prochaines étapes.
La publication de la loi ne semble donc pas avoir clos le conflit entre les représentants de la profession et les autorités. Alors que le texte est désormais officiellement en vigueur, les avocats doivent déterminer les moyens de poursuivre leur mobilisation tout en tenant compte des conséquences de la grève sur le fonctionnement de la justice et les droits des citoyens.




