Le secteur cinématographique marocain a connu une année particulièrement dynamique en 2025, avec près de 1,8 milliard de dirhams d’investissements liés à l’activité cinématographique. Cette progression s’explique notamment par l’augmentation des productions étrangères, le développement du cinéma national et une fréquentation accrue des salles.
Selon le bilan annuel du Centre cinématographique marocain (CCM), les productions étrangères ont généré environ 1,21 milliard de dirhams d’investissements au Maroc, tandis que les productions marocaines ont représenté près de 596,5 millions de dirhams.
Ces résultats renforcent la position du Maroc comme l’une des principales destinations de tournage de la région, grâce à la diversité de ses paysages, ses infrastructures, son savoir-faire technique et ses mécanismes d’incitation destinés aux productions internationales.
Les productions étrangères tirent les investissements vers le haut
Les tournages internationaux ont constitué l’un des principaux moteurs de l’activité en 2025. Plusieurs productions de grande envergure ont choisi le Maroc pour réaliser une partie de leurs projets.
Parmi les productions ayant généré les investissements les plus importants figurent notamment « Charlie’s Tale », avec plus de 252 millions de dirhams, ainsi que la série américaine « UNT Merc », dont les investissements ont dépassé 234 millions de dirhams.
La deuxième saison de « The Terminal List » a représenté environ 156,9 millions de dirhams, tandis que la deuxième saison de « The Agency » a généré près de 113,9 millions de dirhams.
Des productions françaises, britanniques, italiennes, japonaises, allemandes, hongroises, émiraties et américaines ont également tourné au Maroc, confirmant l’attractivité croissante du Royaume auprès des producteurs internationaux.
La production marocaine reste dynamique
Le cinéma national a également connu une activité importante en 2025, avec la réalisation de nombreux longs métrages de fiction.
Parmi les films produits figurent notamment « Backstage », « Atoman », « Casablanca-Dakar », « Calle Malaga », « Sonate Nocturne », « L’Hymne des amoureux », « Algues amères » et « Les Commandements ».
Le secteur conserve par ailleurs une importante dynamique indépendante. Plus de la moitié des longs métrages achevés en 2025 ont été produits sans bénéficier du fonds d’aide public, illustrant la diversification des sources de financement du cinéma marocain.
L’ensemble de l’activité audiovisuelle a représenté des investissements importants, avec des productions cinématographiques, documentaires, séries télévisées, téléfilms, œuvres institutionnelles et campagnes publicitaires.
Le soutien public accompagne la croissance du secteur
Le fonds d’aide à la production géré par le Centre cinématographique marocain a consacré 73,5 millions de dirhams au financement de 84 projets en 2025.
Les longs métrages ont bénéficié de la plus grande partie de cette enveloppe, avec plus de 53,6 millions de dirhams consacrés aux projets avant production.
Le dispositif a également soutenu les courts métrages, l’écriture et la réécriture de scénarios ainsi que plusieurs documentaires consacrés notamment à la culture, à l’histoire et au patrimoine hassani.
Les films marocains séduisent davantage le public
L’année 2025 a également été marquée par une progression de la présence des productions nationales dans les classements du box-office marocain.
Parmi les films marocains ayant enregistré les meilleures fréquentations figurent « My Friend », de Raouf Sebbah, avec près de 263 000 entrées, suivi de « Routini », de Lotfi Aït Jaoui, avec plus de 186 000 entrées.
« Les Imposteurs », de Hicham El Jebari, a enregistré près de 112 000 entrées, tandis que « Casa Guira », d’Omar Lotfi, a dépassé les 103 000 spectateurs.
Ces productions ont notamment devancé plusieurs grands films internationaux dans les classements marocains, témoignant de l’intérêt croissant du public pour les œuvres nationales.
Une industrie qui poursuit sa professionnalisation
Le développement du secteur s’accompagne également d’une progression du nombre de professionnels actifs dans l’industrie cinématographique.
En 2025, le CCM a délivré 257 cartes professionnelles à des travailleurs du cinéma, principalement dans les domaines de la production et de la réalisation. Parallèlement, 516 professionnels ont été enregistrés comme stagiaires dans différentes spécialités.
La modernisation des salles, le soutien aux festivals, la participation du Maroc aux manifestations cinématographiques internationales et les distinctions obtenues par des productions marocaines à l’étranger contribuent également au rayonnement du secteur.
Avec la hausse des investissements étrangers, le développement de la production nationale et une meilleure fréquentation des salles, le cinéma marocain semble ainsi s’imposer progressivement comme un secteur culturel, économique et professionnel majeur.




