Le Maroc veut renforcer son rôle de passerelle entre l’ASEAN et l’Afrique

MOHAMED YAZID BENNOUNA26 août 2026Dernière mise à jour :
Le Maroc veut renforcer son rôle de passerelle entre l’ASEAN et l’Afrique

Le Maroc entend consolider son rôle de pont entre l’Asie du Sud-Est et l’Afrique, notamment dans le domaine de la connectivité. Cette ambition a été mise en avant par l’ambassadeur du Royaume auprès de l’ASEAN, Redouane Houssaini, lors d’une réunion consacrée à cette question stratégique, organisée du 24 au 26 août à Manille, aux Philippines.

Une conception globale de la connectivité

Lors de son intervention, le diplomate marocain a défendu une vision de la connectivité qui dépasse les seules infrastructures physiques.

Selon cette approche, elle doit également intégrer les réseaux numériques, les flux financiers, les corridors énergétiques et la mobilité humaine, afin de rapprocher les centres de production des marchés, les capitaux des opportunités et les populations du savoir.

Pour Rabat, la connectivité constitue également un instrument d’intégration régionale et de rapprochement entre les différents espaces économiques.

Tanger Med et les grands projets marocains

Le Maroc s’appuie notamment sur plusieurs infrastructures et initiatives pour renforcer cette position.

Le complexe portuaire Tanger Med, connecté à plus de 180 ports dans 70 pays, dont une quarantaine en Afrique, constitue l’un des principaux atouts logistiques du Royaume.

À cela s’ajoutent le projet de Dakhla Atlantique, l’initiative visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique ainsi que le Gazoduc Afrique-Atlantique Nigeria-Maroc.

Ces projets sont présentés comme des instruments susceptibles de renforcer les échanges commerciaux, les connexions énergétiques et l’intégration économique du continent africain.

La coopération humaine au cœur du partenariat

La connectivité ne se limite toutefois pas aux infrastructures. Le Maroc met également en avant la dimension humaine de sa coopération internationale.

L’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) joue à cet égard un rôle important à travers ses programmes de formation, de bourses d’études, de formation professionnelle et de renforcement des capacités.

Ces dispositifs contribuent au développement des compétences et au rapprochement entre le Maroc et ses partenaires, aussi bien en Afrique qu’en Asie du Sud-Est.

Le Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique

Dans le cadre de ses relations avec l’ASEAN, le Royaume souhaite également mettre en avant sa position géographique et ses infrastructures.

Le Maroc peut, selon cette vision, servir de plateforme industrielle et logistique proche du marché européen, tout en constituant une porte d’entrée vers les chaînes de valeur africaines.

L’objectif serait ainsi de créer davantage de passerelles entre l’ASEAN et l’Afrique en développant les connexions entre ports, entreprises, centres financiers et universités.

De nouveaux projets de coopération en préparation

Le Maroc s’est déclaré disposé à travailler avec l’ASEAN afin de transformer cette vision en projets concrets.

Une prochaine réunion du Comité sectoriel de coopération Maroc-ASEAN, prévue à l’automne prochain au siège de l’organisation à Jakarta, devrait notamment permettre d’examiner de nouvelles initiatives dans le domaine de la connectivité.

L’ASEAN, présidée par les Philippines en 2026 avant de passer sous la présidence de Singapour en 2027, regroupe 11 pays et constitue l’un des principaux pôles de croissance économique mondiale.

Depuis l’obtention du statut de Partenaire de Dialogue sectoriel de l’ASEAN en 2023, le Maroc cherche à approfondir ses relations avec l’Asie du Sud-Est et à développer de nouvelles formes de coopération entre cette région, le Royaume et le continent africain.

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