Emploi : près de 15 milliards de dirhams supplémentaires pour accélérer l’insertion des jeunes

MOHAMED YAZID BENNOUNA7 août 2026Dernière mise à jour :
Emploi : près de 15 milliards de dirhams supplémentaires pour accélérer l’insertion des jeunes

Le gouvernement entend donner une nouvelle impulsion à sa politique de l’emploi. La Feuille de route nationale pour l’emploi à l’horizon 2030 sera accompagnée d’une enveloppe supplémentaire de près de 15 milliards de dirhams, avec pour ambition de renforcer l’insertion professionnelle, soutenir l’investissement et rapprocher les dispositifs d’emploi des besoins réels des territoires.

Dans une réponse écrite à une question adressée à la Chambre des conseillers, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a détaillé les principales orientations de cette nouvelle étape de la politique gouvernementale.

Les jeunes non diplômés au cœur du dispositif

L’un des principaux changements annoncés concerne l’élargissement des programmes actifs de l’emploi aux jeunes non diplômés et aux personnes sorties du système éducatif.

Le gouvernement souhaite notamment cibler davantage les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni dans le système éducatif, considérés comme particulièrement éloignés du marché du travail.

Cette orientation s’inscrit dans l’objectif fixé par le programme gouvernemental 2021-2026 de créer au moins un million d’emplois nets, tout en accordant une attention particulière aux catégories rencontrant le plus de difficultés d’insertion.

La lutte contre le décrochage scolaire, le développement des Écoles de la deuxième chance et l’élargissement de la formation professionnelle figurent également parmi les leviers retenus.

Lever les obstacles à l’emploi des femmes

La feuille de route prévoit par ailleurs des mesures destinées à faciliter l’accès des femmes au marché du travail.

Les obstacles liés au transport, à l’éclairage public ou encore à la garde des enfants doivent notamment faire l’objet d’actions spécifiques. Le développement de l’offre nationale de crèches est ainsi présenté comme l’un des éléments permettant de favoriser une meilleure participation des femmes à l’activité économique.

Le gouvernement entend également agir sur la mobilité professionnelle afin de faciliter les déplacements des salariés vers les bassins d’emploi.

Une politique de l’emploi davantage adaptée aux régions

Autre axe majeur : la territorialisation des politiques d’insertion.

Des diagnostics doivent être réalisés dans chaque région afin d’identifier les secteurs présentant le plus fort potentiel de création d’emplois et d’adapter les dispositifs publics aux réalités économiques locales.

La stratégie prévoit notamment la création d’espaces consacrés à l’emploi et à l’entrepreneuriat, la conclusion de contrats-programmes avec les régions et la mise en place de mécanismes de gouvernance réunissant les différents acteurs concernés.

Les Conseils régionaux seront également appelés à contribuer au financement de programmes destinés à améliorer l’employabilité des publics vulnérables, soutenir l’auto-emploi, accompagner les coopératives et financer des projets générateurs de revenus.

Cette approche doit permettre de passer d’une politique uniforme à des dispositifs davantage adaptés aux caractéristiques économiques et sociales de chaque territoire.

L’ANAPEC appelée à changer d’échelle

La montée en puissance de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences constitue un autre volet important de la réforme.

Dans le cadre de son plan stratégique 2022-2026, l’ANAPEC ambitionne d’insérer 800.000 personnes sur le marché du travail, d’améliorer l’employabilité de 500.000 bénéficiaires, d’accompagner 60.000 porteurs de projets et de soutenir 33.000 très petites entreprises.

L’Agence poursuit également sa modernisation avec le renforcement de son réseau territorial, la création de cinq agences numériques pilotes et la mise en place d’un nouveau modèle de performance.

Un modèle pilote de centres d’orientation professionnelle, développé en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur et l’OFPPT, est également en cours de finalisation.

Réformer les dispositifs d’insertion

Le gouvernement prépare en parallèle une évolution des principaux programmes d’insertion.

Le projet de réforme du programme « Idmaj » a été transmis à la Chambre des représentants et devrait notamment être étendu aux personnes non diplômées. Les travaux se poursuivent également sur la réforme du programme « Taehil ».

Un nouveau mécanisme d’aide unique à l’embauche est par ailleurs en cours de conception afin de simplifier et de renforcer les dispositifs existants.

Cette réforme intervient alors que plusieurs programmes d’insertion économique, développés avec des partenaires internationaux, ont déjà été expérimentés dans quatre régions avant une éventuelle généralisation.

Transformer les ambitions en emplois concrets

À travers cette feuille de route, l’Exécutif cherche ainsi à agir simultanément sur plusieurs fronts : investissement, formation, insertion, entrepreneuriat, mobilité et accompagnement des entreprises.

Le défi reste toutefois considérable. Au-delà des montants mobilisés et des dispositifs annoncés, la réussite de la stratégie dépendra de sa capacité à atteindre effectivement les jeunes les plus éloignés du marché du travail et à créer des emplois durables dans les différentes régions du Royaume.

Avec près de 15 milliards de dirhams supplémentaires, le gouvernement veut désormais accélérer le passage des programmes d’insertion à une politique de l’emploi davantage territorialisée, ciblée et orientée vers les besoins concrets de l’économie.

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