À l’approche des élections législatives du 23 septembre 2026, les partis politiques marocains seront confrontés à de nouveaux enjeux liés au système électoral, notamment en matière de renforcement de la représentation des femmes à la Chambre des représentants.
Pour Karima Gharrad, chercheuse en sciences politiques et droit constitutionnel, ces nouveaux mécanismes constituent un véritable test pour les formations politiques et leur capacité à faire davantage de place aux compétences féminines.
Vers un tiers de femmes à la Chambre des représentants
L’objectif d’augmenter la représentation féminine jusqu’à un tiers des membres de la Chambre des représentants s’inscrit dans les revendications en faveur d’une plus grande parité.
Selon la chercheuse, l’atteinte de cet objectif dépendra largement de la volonté des partis de faire confiance aux candidates et de leur permettre de se présenter dans les différentes circonscriptions locales.
Elle appelle ainsi les directions des formations politiques à faire évoluer leurs approches et leurs référentiels concernant la participation des femmes à la vie politique, afin de traduire les engagements en faveur de leur promotion en mesures concrètes.
La formation, un enjeu essentiel
Pour Karima Gharrad, augmenter le nombre de femmes élues ne suffit pas. Leur présence au Parlement doit également s’accompagner d’un investissement dans la formation politique et législative.
L’objectif est de permettre aux députées de disposer des compétences nécessaires pour exercer pleinement leurs responsabilités et participer efficacement au travail parlementaire.
La question concerne notamment leur accès aux postes de responsabilité au sein de l’institution, mais également leur participation à la présidence des commissions parlementaires, aux missions exploratoires et aux commissions d’enquête.
Une progression depuis 2002
La chercheuse rappelle que les mécanismes de discrimination positive ont déjà contribué à accroître la présence des femmes au Parlement.
L’adoption de la liste nationale en 2002 avait notamment permis de faire passer le nombre de femmes députées à 30, contre seulement deux en 1993.
Lors de la onzième législature, couvrant la période 2021-2026, la Chambre des représentants comptait 96 femmes sur un total de 395 députés.
La grande majorité d’entre elles, soit environ 90 %, avaient été élues sur des listes régionales, tandis que six avaient été investies par leurs partis pour conduire des listes locales.
Les partis politiques au cœur du changement
Les nouvelles dispositions destinées à favoriser la participation des femmes à la vie politique placent également les partis face à leurs propres responsabilités.
Pour Karima Gharrad, le principal défi réside désormais dans l’application effective des règles au sein des formations politiques. Certaines pratiques continuent en effet de limiter l’accès des femmes aux postes de décision.
La persistance de stéréotypes présentant la politique comme un domaine essentiellement masculin constitue également un obstacle à leur progression.
Les femmes ne représenteraient ainsi qu’environ 20 % des postes de direction au sein des bureaux politiques des partis, ce qui illustre les difficultés persistantes d’accès aux instances dirigeantes.
Une participation qui doit commencer au sein des partis
Pour la chercheuse, le renforcement de la présence des femmes dans les institutions électives doit d’abord passer par leur intégration dans les structures internes des partis.
Il s’agit notamment de leur offrir les moyens nécessaires pour accéder aux postes de décision, développer leurs compétences et construire des parcours politiques susceptibles de les conduire aux responsabilités électives.
À l’approche du scrutin du 23 septembre, la représentation des femmes apparaît ainsi comme l’un des indicateurs permettant d’évaluer la capacité des partis politiques à traduire les principes d’égalité et de participation en une présence effective dans les institutions.
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