À l’approche des élections législatives du 23 septembre 2026, le renouvellement des élites politiques et le renforcement de la participation des jeunes figurent parmi les principaux enjeux du nouveau cadre électoral.
La loi organique 54.25 relative aux partis politiques introduit à cet effet plusieurs mécanismes destinés à favoriser l’intégration des jeunes au sein des formations politiques et à faciliter leur accès aux candidatures.
Les jeunes intégrés dès la création des partis
Selon Mohamed Bouden, professeur de droit public et de sciences politiques, le nouveau texte vise notamment à favoriser l’émergence de nouvelles générations de responsables politiques.
La loi prévoit que les personnes âgées de moins de 35 ans doivent représenter au moins un cinquième des membres fondateurs d’un nouveau parti politique.
Sur les 2.000 membres fondateurs exigés pour la création d’une formation, cette proportion correspond ainsi à au moins 400 jeunes.
Cette disposition entend intégrer la jeunesse dès les premières étapes de la constitution des partis, plutôt que de limiter sa participation aux seules échéances électorales.
Vers une culture politique intergénérationnelle
Pour Mohamed Bouden, l’efficacité de cette mesure dépendra toutefois de la capacité des formations politiques à instaurer une véritable culture politique intergénérationnelle.
Le renouvellement des élites ne pourrait ainsi se limiter à des dispositions juridiques. Il nécessite également une évolution des pratiques internes des partis et une volonté commune de favoriser l’autonomisation des jeunes.
Le nouveau cadre juridique place donc les formations politiques face à une responsabilité importante : faire de la jeunesse une composante durable de la vie politique et non une simple catégorie bénéficiant de mécanismes électoraux spécifiques.
Le financement, un obstacle progressivement levé
La question des moyens financiers constitue également un enjeu majeur pour les jeunes souhaitant se présenter dans les circonscriptions locales.
Le nouveau dispositif électoral prévoit une augmentation du soutien public accordé aux partis pour les sièges remportés par des candidats de moins de 35 ans, mais également par des femmes, des Marocains résidant à l’étranger et des personnes en situation de handicap.
Pour ces catégories, la contribution publique par siège remporté est désormais portée à six fois le montant accordé aux autres candidats, contre cinq auparavant.
L’objectif est notamment de réduire l’un des obstacles traditionnellement associés aux candidatures des jeunes : le coût d’une campagne électorale.
Une prise en charge de 75 % des dépenses de campagne
Le nouveau dispositif introduit également une contribution directe destinée à soutenir les dépenses électorales des jeunes candidats.
L’État peut ainsi prendre en charge 75 % du montant global des dépenses engagées par les listes locales, sous réserve du respect du principe d’alternance entre les femmes et les hommes.
Cette mesure vise à rendre les candidatures plus accessibles aux jeunes compétences qui disposent de moyens financiers limités.
Un contrôle renforcé des dépenses électorales
L’aide publique s’accompagne toutefois d’exigences en matière de transparence.
Le versement de la contribution est notamment lié à l’examen des comptes de campagne des listes concernées par la Cour des comptes.
Ce mécanisme vise à garantir un contrôle de l’utilisation des fonds publics et à renforcer la transparence dans la gestion des dépenses électorales.
L’âge maximal abaissé à 35 ans
Autre changement important : l’âge maximal permettant à un candidat d’être considéré comme jeune pour bénéficier du dispositif d’incitation est ramené de 40 à 35 ans.
Cette modification vise à encourager les partis à placer davantage de jeunes compétences en tête de leurs listes et à leur donner ainsi de meilleures chances d’accéder à la Chambre des représentants.
Un dispositif destiné à diversifier la représentation parlementaire
La loi organique 54.25, qui modifie et complète la loi organique 29.11 relative aux partis politiques, ne cible pas uniquement la jeunesse.
Elle prévoit également différents mécanismes destinés à renforcer la représentation des femmes, des personnes en situation de handicap et des Marocains résidant à l’étranger à la Chambre des représentants.
L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans une volonté de rapprocher les institutions représentatives des différentes composantes de la société et de favoriser une participation politique plus diversifiée.
La jeunesse au cœur du renouvellement politique
À travers ces nouvelles dispositions, les élections législatives de 2026 constituent un premier test pour mesurer la capacité des partis à renouveler leurs candidats et à intégrer davantage de jeunes dans leurs structures et leurs listes électorales.
L’enjeu dépasse toutefois le seul scrutin du 23 septembre. Il s’agit également de créer les conditions permettant à une nouvelle génération de compétences de s’inscrire durablement dans la vie politique et de participer à la construction des politiques publiques.
La réussite de cette démarche dépendra ainsi autant de l’application des mécanismes prévus par la loi que de la volonté des partis de faire du renouvellement des élites et de l’engagement des jeunes une priorité durable.
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