Le partenariat stratégique entre le Maroc et l’Espagne constitue un « choix souverain » qui doit être préservé des fluctuations de la politique intérieure espagnole, a estimé le géopolitologue brésilien Fabio Albergaria de Queiroz, professeur de relations internationales.
Réagissant aux récentes précisions de la diplomatie marocaine sur les développements des relations bilatérales, l’expert a souligné que le partenariat entre les deux pays génère des bénéfices concrets pour les deux parties et ne devrait pas être soumis aux surenchères politiques ou électorales.
Une approche marocaine fondée sur la fermeté et le dialogue
Fabio Albergaria de Queiroz a mis en avant la position qu’il juge à la fois claire et constructive du Maroc, estimant que Rabat cherche à défendre ses intérêts tout en maintenant ouverts les canaux de coopération avec Madrid.
Selon lui, cette approche repose sur un équilibre entre fermeté diplomatique et préservation du dialogue, notamment sur les questions sensibles liées à la migration.
Le Maroc rejette notamment les accusations concernant les événements migratoires de juillet dernier et demande qu’une éventuelle enquête repose sur des éléments factuels et des preuves.
L’expert a également relevé que Rabat soulève des interrogations concernant le refoulement de migrants et la situation des mineurs non accompagnés, considérant que ces questions ne devraient pas être utilisées au détriment d’une relation bilatérale qui dépasse largement le seul dossier migratoire.
Des intérêts économiques et sécuritaires communs
Le géopolitologue brésilien a également insisté sur l’importance des acquis enregistrés dans les domaines économique et sécuritaire.
Le Maroc et l’Espagne disposent notamment d’une coopération étroite dans la lutte contre les réseaux terroristes et criminels. Les échanges économiques constituent également un pilier majeur du partenariat entre les deux pays.
Pour Fabio Albergaria de Queiroz, le rappel de ces résultats permet de mesurer les risques liés à la politisation et à l’instrumentalisation des questions bilatérales.
Il estime ainsi que la stabilité du partenariat passe par la préservation des intérêts communs et par une vision dépassant les considérations politiques à court terme.
Préserver l’architecture stratégique établie depuis 2022
L’expert brésilien considère que l’approche marocaine s’inscrit dans une volonté de préserver l’architecture stratégique construite depuis la Déclaration conjointe du 7 avril 2022.
Cette orientation vise notamment à consolider une relation fondée sur le dialogue, la confiance mutuelle et une coopération structurée dans plusieurs domaines.
Dans cette perspective, les relations maroco-espagnoles ne devraient pas être fragilisées par les fluctuations de la politique intérieure espagnole ou par des considérations électorales conjoncturelles.
Un acteur clé entre plusieurs espaces géopolitiques
Fabio Albergaria de Queiroz a enfin souligné la position stratégique du Maroc, qu’il considère comme un acteur incontournable de l’architecture de sécurité et de connectivité reliant l’Europe, l’Afrique, la Méditerranée et l’Atlantique.
Cette dimension géopolitique renforce, selon lui, l’importance d’un partenariat stable entre Rabat et Madrid, fondé sur une approche à long terme et sur la préservation des intérêts communs.
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