Législatives 2026 : à Casablanca-Settat, les femmes prennent davantage la tête des listes locales

MOHAMED YAZID BENNOUNA19 septembre 2026Dernière mise à jour :
Législatives 2026 : à Casablanca-Settat, les femmes prennent davantage la tête des listes locales

À l’approche des élections législatives du 23 septembre 2026, plusieurs femmes conduisent des listes partisanes dans différentes circonscriptions électorales locales de la région Casablanca-Settat.

Cette présence traduit une évolution dans la compétition électorale locale, avec des candidates placées directement en tête de listes, au-delà des mécanismes de représentation réservée traditionnellement associés aux dispositifs de promotion de la représentation féminine.

Six femmes en tête à Casablanca-Anfa

Parmi les circonscriptions de la région, Casablanca-Anfa compte six femmes à la tête des 20 listes en compétition. Elle est suivie par El Jadida, avec quatre femmes parmi les 18 listes présentées.

Les circonscriptions d’Al Fida-Mers Sultan et d’Aïn Chock comptent chacune trois listes conduites par des femmes.

À Ben M’Sik, Moulay Rachid et Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, deux listes sont dirigées par des femmes. La même configuration est observée à Benslimane et Berrechid.

À Nouaceur, Médiouna, Settat et Sidi Bennour, une seule femme figure en tête d’une liste locale.

Une progression à observer avec prudence

Pour Ali Lahrichi, doyen de l’Institut des Sciences politiques, juridiques et sociales de l’Université Mundiapolis à Casablanca, cette évolution doit être analysée à la fois de manière positive et prudente.

Selon lui, une femme placée en tête d’une liste locale ne bénéficie pas uniquement d’un mécanisme de représentation : elle participe directement à la compétition territoriale pour l’obtention d’un siège parlementaire.

L’universitaire souligne toutefois que le poids de ces candidatures demeure limité à l’échelle nationale.

Les femmes représentent ainsi 875 des 5.505 candidatures dans les circonscriptions locales, soit 15,9 %. Elles ne sont toutefois que 121 à conduire les 1.615 listes locales, soit environ 7,5 %.

« La présence féminine progresse donc davantage dans les listes qu’à leur tête », observe Ali Lahrichi.

La position sur la liste, un indicateur important

La région Casablanca-Settat constitue, selon le politologue, un terrain particulièrement intéressant pour observer cette évolution.

Il estime que l’analyse ne doit pas se limiter au nombre de femmes candidates, mais également prendre en compte leur position sur les listes, les territoires dans lesquels elles sont investies et les ressources politiques dont elles disposent.

À Casablanca-Anfa, la présence de plusieurs femmes à la tête de listes concurrentes constitue à ses yeux un exemple significatif.

Cette situation peut notamment être mise en relation avec les caractéristiques fortement urbaines de la circonscription, la structure de son électorat ainsi que les choix d’investiture opérés par les partis.

Selon Ali Lahrichi, plusieurs candidates investies dans cette circonscription disposent déjà d’une expérience parlementaire ou locale, de responsabilités partisanes, d’une notoriété professionnelle ou médiatique, ou encore d’une implantation militante.

De la candidature à l’éligibilité

Pour l’universitaire, la question ne porte pas sur la compétence des femmes, mais sur les conditions permettant à cette compétence d’être reconnue au sein des formations politiques et par les électeurs, puis de se traduire par une investiture à une position offrant une réelle possibilité d’élection.

Il relève ainsi un décalage persistant entre l’évolution de la société marocaine et sa représentation dans la sphère politique.

Les femmes représentent 46 % du corps électoral marocain, tandis que leur présence dans l’éducation, l’activité économique, les professions et la vie sociale s’est considérablement développée.

L’enjeu consiste dès lors, selon lui, à observer dans quelle mesure l’offre politique reflète cette évolution de la société.

Les mécanismes de représentation ont déjà produit des effets

Ali Lahrichi rappelle cependant que les dispositifs destinés à renforcer la représentation des femmes ont permis de réduire une partie de leur sous-représentation historique.

Les mécanismes de représentation réservée ont notamment contribué à garantir un niveau minimal de présence féminine au sein des institutions représentatives, notamment à travers les circonscriptions régionales dédiées aux femmes.

Pour l’universitaire, l’évolution doit désormais également passer par un accès accru des femmes aux responsabilités partisanes, aux mandats locaux, à la formation et aux réseaux territoriaux, ainsi que par le renforcement de leur visibilité publique.

Ces différents parcours peuvent contribuer à construire l’expérience, la notoriété et la crédibilité nécessaires pour accéder aux premières positions sur les listes.

Trois niveaux pour mesurer l’évolution

Dans la région Casablanca-Settat comme dans les autres territoires, trois indicateurs permettent ainsi d’observer la progression de la représentation féminine : le nombre de femmes candidates, leur position sur les listes et le nombre de candidates effectivement élues.

Ces trois données peuvent présenter des écarts importants et ne permettent pas nécessairement de tirer les mêmes conclusions sur la place des femmes dans la compétition électorale.

À l’approche du scrutin du 23 septembre, la question dépasse donc la seule présence des femmes parmi les candidatures. Elle porte également sur leur accès aux positions permettant de concourir directement pour un siège et, plus largement, sur leur participation aux responsabilités électives.

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