ONU : Bourita appelle à une réponse internationale renforcée face aux groupes armés non étatiques

MOHAMED YAZID BENNOUNA23 septembre 2026Dernière mise à jour :
ONU : Bourita appelle à une réponse internationale renforcée face aux groupes armés non étatiques

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a appelé mardi à New York la communauté internationale à revoir ses priorités face à la montée des groupes armés non étatiques, tout en alertant sur l’affaiblissement des mécanismes institutionnels internationaux chargés de prévenir les conflits et de gérer les crises.

S’exprimant au nom du Maroc lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre a estimé que l’évolution du contexte international impose une action plus déterminée contre cette menace, devenue selon lui l’un des principaux défis sécuritaires actuels.

Un environnement international de plus en plus instable

Nasser Bourita a dressé le constat d’un paysage international marqué par la multiplication de crises complexes, à la croisée des dimensions militaires, économiques, énergétiques et environnementales.

Il a également souligné la progression des logiques de confrontation entre États et l’incertitude qui accompagne désormais de nombreuses crises, rendant plus difficile l’anticipation de leur évolution.

Le ministre a parallèlement mis en avant ce qu’il considère comme une diminution de l’efficacité des structures institutionnelles existantes dans la prévention des conflits et la gestion des situations de crise.

Plus de 200 millions de personnes concernées

Dans ce contexte, Bourita a tiré la sonnette d’alarme face à l’expansion des groupes armés non étatiques et à leur capacité croissante à déstabiliser les États.

Selon les chiffres avancés par le ministre, plus de 200 millions de personnes vivent aujourd’hui sous l’emprise de groupes armés ou dans des zones marquées par des luttes pour le pouvoir.

Il a également fait état de plus de 130 groupes armés non étatiques considérés comme parties à des conflits armés.

Pour le chef de la diplomatie marocaine, cette évolution traduit l’ampleur d’une menace qui s’est considérablement développée au cours des deux dernières décennies et qui contribue à rendre l’environnement international plus instable.

Des groupes qui étendent leur influence aux espaces maritimes

Nasser Bourita a également mis l’accent sur l’évolution des modes d’action de ces groupes.

Il a notamment relevé leurs tentatives d’étendre leur influence aux voies maritimes et aux détroits stratégiques, avec des conséquences potentielles sur la liberté de navigation et la sécurité du commerce international.

Le ministre a ainsi souligné que la menace ne se limite plus aux territoires terrestres et peut désormais toucher directement des espaces essentiels aux échanges internationaux.

Un rapprochement entre groupes armés et réseaux criminels

Dans son intervention, Bourita a également insisté sur les liens qu’il établit entre différentes catégories d’acteurs non étatiques.

Il a notamment évoqué les relations entre groupes armés, milices séparatistes, organisations terroristes, réseaux criminels transfrontaliers et mercenaires.

Selon lui, ces différentes entités ne sauraient être automatiquement considérées comme des acteurs susceptibles de contribuer à des processus pacifiques de règlement des conflits, leur action reposant, affirme-t-il, sur la violence et le fait accompli.

La responsabilité des États qui les soutiennent

Face à cette situation, le ministre a appelé à une réponse internationale reposant notamment sur la responsabilisation des États qui parrainent, financent, arment ou abritent ces groupes.

Il a estimé que la responsabilité de ces États ne devait pas être limitée à la sphère politique, mais devait également être examinée sous les angles juridique, moral et historique.

Nasser Bourita a par ailleurs dénoncé le recours aux groupes armés comme instruments indirects permettant à certains États de poursuivre leurs objectifs tout en évitant d’assumer directement leurs responsabilités internationales.

Vers des sanctions plus dissuasives

Le chef de la diplomatie marocaine a enfin appelé à l’adoption de sanctions dissuasives contre les groupes armés non étatiques et contre les acteurs qui leur apportent un soutien.

Il a insisté sur la nécessité d’appliquer le principe de responsabilité à toute partie participant à leur financement, à leur armement ou à leur hébergement.

À travers cette intervention, le Maroc a ainsi plaidé pour une réponse internationale plus ferme face à l’évolution des conflits contemporains et à la multiplication des acteurs armés opérant en dehors des structures étatiques.

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