Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embaló annonce son retour et sa candidature à la présidentielle

El azhar Bennouna Sanaa29 septembre 2026Dernière mise à jour :
Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embaló annonce son retour et sa candidature à la présidentielle

Bissau – Journal Likaa

Près de dix mois après son renversement par un coup d’État militaire, l’ancien président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a annoncé son intention de regagner le pays et de se présenter à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026.

Depuis son exil au Maroc, Embaló a déclaré à l’Agence France-Presse qu’il serait candidat à ce scrutin, sans toutefois préciser dans un premier temps la date exacte de son retour. Selon une source citée mardi par Reuters, l’ancien chef de l’État prévoirait de rentrer en Guinée-Bissau le 4 octobre prochain.

Un retour après plusieurs mois d’exil

Umaro Sissoco Embaló se trouve hors du pays depuis son renversement, intervenu le 26 novembre 2025, alors que les résultats provisoires des élections présidentielle et législatives étaient attendus.

À la suite du coup d’État, les militaires avaient suspendu le processus électoral, invoquant notamment des considérations liées à la sécurité nationale et à la stabilité du pays. Les autorités de transition avaient également fait état d’un projet visant à déstabiliser le pays, qu’elles associaient notamment à des réseaux de trafic de drogue.

L’ancien président entend désormais revenir dans l’arène politique à travers les prochaines élections, alors que les autorités de transition préparent un nouveau scrutin censé ouvrir la voie au retour d’institutions civiles.

Le 4 octobre évoqué comme date de retour

Ces derniers jours, des soutiens d’Embaló au sein du parti Mouvement pour l’alternance démocratique – Groupe des 15 (Madem G15) avaient annoncé sur les réseaux sociaux son retour pour le 4 octobre.

Cette date, qui n’avait initialement pas été confirmée directement par l’ancien président, a ensuite été rapportée par Reuters, citant une source proche du dossier.

De son côté, le général Horta Ntam, qui dirige la période de transition, avait indiqué la semaine dernière que tout citoyen bissau-guinéen pouvait regagner le pays, sauf lorsqu’une procédure judiciaire s’y opposait.

Interrogé sur la possibilité du retour d’Embaló, le chef de la transition avait ainsi souligné que ce droit concernait également les personnes critiques à l’égard des autorités de transition sur les réseaux sociaux.

Un nouveau cadre constitutionnel

La période de transition a également été marquée par l’adoption d’un nouveau cadre constitutionnel. Les électeurs ont approuvé, le 30 août dernier, les modifications soumises à référendum, avec un score d’environ 70 %, selon les informations rapportées par l’AFP.

Le nouveau dispositif constitutionnel prévoit notamment des pouvoirs renforcés pour le président de la République, notamment en matière de nomination et de révocation du Premier ministre et du gouvernement, ainsi que la possibilité de dissoudre le Parlement.

L’opposition, notamment le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), avait appelé au boycott du référendum, contestant les conditions dans lesquelles celui-ci avait été organisé.

Les élections du 6 décembre au centre des enjeux

Les élections présidentielle et législatives prévues le 6 décembre 2026 doivent constituer une étape importante du processus de transition politique en Guinée-Bissau.

Le scrutin intervient après une période marquée par la suspension du processus électoral, le renversement du président et la mise en place d’un régime de transition militaire. Le retour annoncé d’Umaro Sissoco Embaló et sa candidature envisagée constituent ainsi un nouvel élément du paysage politique à l’approche de cette échéance.

La Guinée-Bissau, indépendante du Portugal depuis 1974, a connu plusieurs coups d’État, tentatives de renversement et crises politiques au cours de son histoire récente. Le pays reste confronté à des difficultés économiques et institutionnelles, tandis que sa position géographique sur la façade ouest-africaine l’a également exposé aux activités de réseaux internationaux de trafic de stupéfiants.

La prochaine échéance électorale devrait ainsi constituer un moment important pour l’évolution du processus de transition et le retour annoncé à un fonctionnement institutionnel civil.

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