Depuis le cœur de Tétouan, le cinéma réunit à nouveau des voix et des expériences venues des deux rives de la Méditerranée. La 31e édition du Festival international du cinéma des pays méditerranéens de Tétouan a ainsi donné le coup d’envoi d’une nouvelle édition qui place le septième art au cœur du dialogue autour de la culture, du vivre-ensemble et du rapprochement entre les peuples.
Le cinéma Espagnol a accueilli samedi soir la cérémonie d’ouverture de cette édition, organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en présence de responsables ainsi que de personnalités du monde du cinéma, de la culture et des arts venues du Maroc et de l’étranger.
Des figures emblématiques du cinéma méditerranéen à l’honneur
Le festival a choisi d’ouvrir cette nouvelle édition en rendant hommage à plusieurs personnalités ayant marqué le paysage cinématographique. Il s’agit du réalisateur marocain Hicham Lasri, de l’actrice chypriote Popi Efthymiou et du réalisateur italien Pietro Marcialis.
La soirée a également été marquée par une performance artistique intitulée « Inziah », signée par l’artiste Yassine Ahjam, mêlant cinéma, chorégraphie, musique et théâtre, dans une volonté d’élargir les possibilités d’interaction entre différentes formes d’expression artistique.
La cérémonie d’ouverture a également permis de présenter les composantes de la compétition officielle ainsi que les jurys chargés d’évaluer les œuvres participantes.
Un jury réunissant des expériences de quatre pays
L’actrice espagnole Mónica López préside le jury de la compétition des longs métrages, composé notamment de la productrice française Virginie Mathieu, de l’actrice italienne Rossella Inglese, du réalisateur marocain Abdelhay Laraki et du réalisateur chypriote Michael Haviaris.
Les membres du jury de la critique, baptisé du nom du regretté critique Mustapha Mesnaoui, ont également été présentés, tout comme le jury de la compétition dédiée au développement de scénarios, qui constitue l’un des principaux volets professionnels de cette édition.
Dix films en compétition pour les prix du festival
La compétition officielle réunit dix films issus de différents pays méditerranéens, tandis que six films sont programmés dans la section « Battement de cœur ».
Cette sélection offre au festival l’occasion de mettre en lumière la diversité des expériences cinématographiques de la région, à travers des styles, des thématiques et des regards différents, tout en faisant ressortir les références culturelles et humaines communes qui rapprochent les pays méditerranéens.
Quatre décennies de cinéma et de dialogue
La présidente de la Fondation du festival, Charafat Afailal, a souligné que l’édition actuelle constitue une nouvelle étape dans le parcours d’une manifestation qui a accumulé une expérience de quatre décennies et consolidé sa place dans le paysage cinématographique marocain et méditerranéen.
Elle a rappelé que le festival n’a jamais considéré le cinéma comme un simple moyen de diffusion des œuvres, mais comme un espace de dialogue entre les cultures, de rapprochement entre les sociétés et de réflexion autour du vivre-ensemble, de la tolérance et des valeurs humaines communes.
Cette édition revêt une dimension particulière puisqu’elle coïncide avec la désignation de Tétouan et de la ville italienne de Matera comme capitales méditerranéennes de la culture et du dialogue pour 2026. Une conjoncture qui offre au festival une nouvelle occasion de renforcer son rôle de passerelle culturelle entre les différentes expériences méditerranéennes.
La jeune création au cœur du programme
Les ambitions du festival ne se limitent pas aux projections et aux hommages. Le soutien aux nouveaux talents et l’accompagnement des projets cinématographiques occupent également une place importante dans sa programmation.
Dans ce cadre, les « Ateliers de développement de scénarios » constituent l’un des principaux volets professionnels de l’édition. Pas moins de 120 projets ont été soumis cette année, dont 12 ont été sélectionnés pour bénéficier d’un accompagnement assuré par des cinéastes, professionnels et experts du secteur.
Cette initiative traduit la volonté d’investir dans la phase précédant la production des films, en aidant les porteurs de projets à développer leurs idées et à les transformer en œuvres susceptibles d’être produites, tout en favorisant les possibilités de coopération cinématographique entre les pays de la région.
Quand le cinéma sort des salles
Le festival cherche également à élargir son public à travers des projections organisées dans plusieurs espaces publics, ainsi que des séances programmées au sein d’un établissement pénitentiaire.
Le programme comprend par ailleurs deux rencontres intellectuelles consacrées à des questions directement liées à l’avenir du cinéma méditerranéen : « Nouvelles économies du cinéma méditerranéen » et « Films et cinéma : les enjeux de la réception », avec la participation de critiques, intellectuels et professionnels du cinéma.
Ces débats ouvrent la réflexion sur des questions qui dépassent la seule production cinématographique, notamment le financement, la production, la distribution et la relation du public aux œuvres dans un paysage culturel et médiatique en pleine transformation.
Tétouan, une ville qui fait du cinéma un langage commun
À travers cette nouvelle édition, Tétouan confirme une nouvelle fois sa place parmi les principales villes marocaines associées au cinéma méditerranéen. Après plus de trente éditions, le festival n’est plus seulement un rendez-vous annuel pour les passionnés du grand écran, mais un véritable espace de rencontre entre différentes cultures et expériences cinématographiques.
À une époque où la région méditerranéenne connaît de profondes mutations, le besoin d’espaces réunissant artistes, créateurs, critiques et publics apparaît plus important que jamais.
C’est précisément là que réside la force du Festival de Tétouan : faire du cinéma un langage accessible à tous, transformer l’écran en espace d’écoute de l’autre et de découverte de ses différences, tout en recherchant les valeurs humaines qui peuvent rassembler les peuples.
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