Discours Royal : la régionalisation avancée au cœur de la prochaine étape du développement

MOHAMED YAZID BENNOUNA10 octobre 2026Dernière mise à jour :
Discours Royal : la régionalisation avancée au cœur de la prochaine étape du développement

Le Discours prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI devant le Parlement, à l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative de la 12e Législature, porte une vision stratégique destinée à orienter la prochaine étape des mandats législatif et gouvernemental, a affirmé Atik Essaid, professeur de droit public et de sciences politiques à l’Université Cadi Ayyad.

Cette nouvelle étape offre des perspectives prometteuses pour poursuivre la dynamique de construction et de progrès, préserver les acquis et renforcer le positionnement du Maroc en tant que puissance économique émergente et crédible. L’enjeu consiste notamment à concilier les exigences de la croissance économique avec les impératifs de la justice sociale et territoriale.

Selon l’universitaire, le Discours Royal définit les grandes orientations de la prochaine phase législative en mettant en avant des priorités stratégiques et des enjeux clairement identifiés. Cette démarche repose sur un diagnostic précis des problématiques propres à chaque région, ainsi que sur l’élaboration de solutions réalistes tenant compte des spécificités locales et des besoins en matière de développement.

La régionalisation avancée comme levier de développement intégré

Atik Essaid a souligné que la promotion d’un développement territorial intégré est étroitement liée aux principes de la régionalisation avancée. Celle-ci constitue un cadre essentiel pour organiser les interactions entre les différents acteurs et coordonner les interventions au niveau territorial.

Cette approche vise à mieux adapter les politiques publiques aux réalités de chaque région, tout en favorisant une répartition plus équilibrée des investissements et des projets de développement. Elle doit également contribuer à réduire les disparités territoriales et à améliorer l’efficacité de l’action publique.

L’universitaire a également rappelé l’importance de mieux structurer les relations entre l’État et les régions dans le cadre de la déconcentration administrative. Cette orientation implique la mise en place de mécanismes de coordination et de contractualisation permettant aux régions de disposer des pouvoirs de décision et des moyens d’exécution nécessaires à la réalisation de projets de développement intégré.

Renforcer la coordination entre les administrations et les régions

La mise en place de ces mécanismes doit favoriser la convergence des politiques publiques et améliorer la coordination entre les services déconcentrés de l’État et les programmes de développement régional.

Une meilleure articulation des interventions devrait permettre d’accélérer la réalisation des projets, d’éviter les chevauchements entre les différentes initiatives et d’optimiser l’utilisation des ressources financières et humaines. Cette démarche est également appelée à renforcer la justice territoriale en veillant à une meilleure prise en compte des besoins des différentes régions.

L’objectif est de faire en sorte que les décisions soient prises au niveau le plus adapté et que les administrations disposent des moyens nécessaires pour traduire les orientations stratégiques en réalisations concrètes au bénéfice des citoyens.

La Charte de la déconcentration administrative appelée à être pleinement appliquée

Le Discours Royal a également insisté sur la nécessité d’assurer la mise en œuvre effective et complète de la Charte nationale de la déconcentration administrative, considérée comme un levier fondamental du développement territorial et de la consolidation de la régionalisation avancée.

Pour Atik Essaid, cette mise en œuvre ne saurait se limiter à une simple réorganisation de l’administration territoriale. Elle représente une étape essentielle vers une gouvernance territoriale plus efficace, fondée sur une répartition claire des responsabilités, une meilleure coordination institutionnelle et une capacité accrue à répondre aux besoins locaux.

La pleine application de cette Charte doit ainsi contribuer à rapprocher l’administration des citoyens, à améliorer l’efficacité des politiques publiques et à garantir une répartition plus équitable des opportunités de développement entre les territoires.

À travers ces orientations, la prochaine étape législative et gouvernementale est appelée à consolider les fondements de la régionalisation avancée et à renforcer la complémentarité entre croissance économique, cohésion sociale et justice territoriale. La concrétisation de ces objectifs dépendra notamment de la capacité des institutions à assurer une coordination efficace et à traduire les stratégies nationales en projets adaptés aux réalités locales.

Loading

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles