Le Maroc renforce sa présence maritime en Afrique : une coopération régionale pour moderniser les cartes marines et adopter une nouvelle norme internationale

El azhar Bennouna SanaaIl y a 52 minutesDernière mise à jour :
Le Maroc renforce sa présence maritime en Afrique : une coopération régionale pour moderniser les cartes marines et adopter une nouvelle norme internationale

Le Maroc a réaffirmé sa volonté d’élargir la coopération avec les pays de l’Atlantique oriental dans les domaines de l’hydrographie et de la cartographie marine, en mettant l’accent sur la formation, le renforcement des compétences et l’échange d’expertise. Cette démarche vise à améliorer la sécurité de la navigation et à consolider l’intégration maritime entre les pays africains.

Cette orientation a été soulignée par le ministre délégué auprès de la cheffe du gouvernement, chargé de l’Administration de la défense nationale, Abdeltif Loudiyi, lors de l’ouverture, lundi 19 octobre 2026 à Casablanca, d’un séminaire régional consacré à la norme « S-100 » de l’Organisation hydrographique internationale (OHI). Les travaux se poursuivront jusqu’au 22 octobre.

La norme « S-100 » : une transformation de la gestion des informations maritimes

Abdeltif Loudiyi a expliqué que l’engagement du Maroc en faveur du développement de la coopération hydrographique régionale s’inscrit dans la vision royale visant à faire de l’espace atlantique africain un espace de paix, de stabilité et de prospérité partagée.

Il a rappelé que le Royaume, qui a assuré la présidence de la Commission hydrographique de l’Atlantique oriental au cours des deux dernières années, réaffirme sa disponibilité à travailler avec les États membres afin de développer les capacités techniques et de renforcer la coopération dans ce domaine.

Le passage à la norme « S-100 » revêt une importance particulière. Ce cadre moderne permet de développer les produits et les informations hydrographiques, d’améliorer l’échange de données entre les systèmes maritimes et d’en faciliter l’utilisation de manière plus efficace.

Le ministre a souligné que l’adoption de cette norme devait se faire progressivement, en tenant compte des capacités techniques et humaines ainsi que des besoins propres à chaque pays. Il a également insisté sur l’importance de l’accompagnement de l’Organisation hydrographique internationale durant cette phase de transition.

La sécurité de la navigation et l’échange de données au cœur de la modernisation

De son côté, l’inspecteur de la Marine royale, le vice-amiral Mohamed Tahin, a souligné que la communauté hydrographique internationale traverse une phase de transformation majeure, orientée vers le développement de produits maritimes plus dynamiques et mieux intégrés.

Il a précisé que la norme « S-100 » ne se limite pas à de nouvelles spécifications techniques, mais constitue le fondement d’une infrastructure avancée d’informations maritimes, reposant sur l’interopérabilité des données, leur intégration et l’exploitation des informations géospatiales marines.

Il a également insisté sur le fait que la réussite de cette transition dépend du renforcement des compétences humaines, de la modernisation des structures organisationnelles et de la mise à disposition des moyens techniques nécessaires, ainsi que d’une meilleure coordination entre les services hydrographiques, les établissements de formation et les partenaires techniques.

Le responsable a par ailleurs rappelé la vision royale en faveur d’une gestion collective et d’une protection renforcée de l’océan Atlantique, en faisant référence au message royal adressé au sommet « Afrique pour l’océan », tenu à Nice le 9 juin 2025, dans le cadre de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan.

Le Ghana souligne l’importance de la transition numérique dans le secteur maritime

Pour sa part, le ministre ghanéen des Transports, Joseph Bukari Nikpe, a estimé que l’adoption de la norme « S-100 » constituait un tournant important pour le développement des activités hydrographiques, en permettant de passer de données statiques à des informations plus dynamiques, susceptibles de faciliter la prise de décision en temps réel.

Il a indiqué que ces avancées ouvrent la voie à des opérations maritimes plus sûres et plus flexibles, tout en accompagnant l’évolution de la navigation conventionnelle et autonome, à la faveur des transformations technologiques qui touchent le secteur maritime à l’échelle mondiale.

Casablanca, plateforme de coordination hydrographique régionale

Organisé par la Marine royale, en coordination avec l’Administration de la défense nationale, le séminaire se déroule du 19 au 22 octobre. Il réunit des représentants des États membres, associés et observateurs de la Commission hydrographique de l’Atlantique oriental, ainsi que des responsables de l’Organisation hydrographique internationale et du Centre régional norvégien de coordination pour la diffusion des cartes électroniques de navigation.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, du directeur de l’Organisation hydrographique internationale, John Nyberg, ainsi que de plusieurs responsables et experts du secteur maritime.

Cette initiative traduit la volonté de renforcer la coopération technique et institutionnelle entre les pays riverains de l’Atlantique, afin de développer les capacités maritimes africaines, d’améliorer la sécurité de la navigation et d’élargir les possibilités de partage des connaissances et de l’expertise, au service d’une économie maritime plus performante et durable.

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