Le Musée Al Batha des Arts de l’Islam à Fès a accueilli, samedi, la huitième édition du défilé de mode annuel des stagiaires du Complexe de Formation Professionnelle de Confection de Fès. Organisé en partenariat avec la Fondation Nationale des Musées (FNM), cet événement a mis en lumière le savoir-faire des jeunes créateurs et la richesse du patrimoine vestimentaire marocain.
Placée sous le thème « Le caftan marocain – patrimoine, savoir-faire et transmission », cette manifestation a célébré l’inscription de cette tenue traditionnelle sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Le patrimoine au service de la formation
Le conservateur du Musée Al Batha des Arts de l’Islam, Alae Fechtali, a souligné l’importance de cette initiative pour la préservation et la valorisation du patrimoine national, conformément à la vision visant à transmettre cet héritage aux nouvelles générations.
Il a également rappelé le rôle de la Fondation Nationale des Musées dans la transformation des établissements muséaux en espaces d’apprentissage, de recherche et d’inspiration pour les institutions éducatives.
La collaboration avec l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) permet ainsi de rapprocher les collections historiques des ateliers de formation et de donner aux futurs professionnels l’occasion de s’approprier les techniques artisanales traditionnelles.
Soixante créations signées par les futurs professionnels
Le défilé a présenté 60 créations originales, conçues et réalisées par plus de 50 stagiaires et lauréats de l’établissement. Les modèles exposés ont témoigné des compétences acquises dans les filières de l’habillement et du modélisme.
Pour Mahmoud Bouchti, directeur du Complexe de Formation Professionnelle de Confection de Fès, cette présentation publique constitue l’aboutissement du parcours de formation des apprenants.
Elle leur permet de confronter leurs réalisations aux exigences du secteur professionnel, tout en favorisant leur insertion grâce aux échanges avec les industriels, les créateurs et les représentants des institutions présents.
L’historienne de l’art et spécialiste du textile marocain, Rachida Alaoui, a pour sa part salué la qualité technique des créations, notamment la précision des ornements, des finitions et des ceintures traditionnelles. Elle a rappelé que la connaissance des références historiques demeure essentielle pour faire évoluer le vêtement traditionnel tout en préservant son authenticité.
Les caftans du XIXe siècle comme source d’inspiration
L’originalité de cette édition réside dans l’utilisation directe des collections du musée comme support pédagogique. Dans le cadre de leurs projets de fin de formation, les stagiaires ont étudié des caftans du XIXe siècle exposés au musée, ainsi que des pièces conservées dans ses réserves.
Ces recherches leur ont permis d’approfondir leurs connaissances sur la structure des vêtements, les étoffes utilisées, les particularités de la broderie fassie et les techniques traditionnelles d’assemblage.
Les enseignements tirés de cette étude ont ensuite été réinterprétés dans des créations contemporaines, conciliant héritage historique et expression stylistique actuelle.
Le défilé s’est déroulé dans le jardin maroco-andalou de l’ancien palais alaouite, édifié à la fin du XIXe siècle. Ce cadre patrimonial a renforcé le dialogue visuel entre les pièces historiques et les modèles imaginés par les jeunes créateurs.
La formation professionnelle au service de l’industrie textile
Ponctuée d’intermèdes musicaux et d’une remise d’attestations de mérite, la manifestation a réuni des responsables régionaux, des représentants des chambres professionnelles et plusieurs acteurs de la filière textile.
À travers cette initiative, l’OFPPT et la Fondation Nationale des Musées entendent rapprocher formation professionnelle et patrimoine culturel, tout en encourageant l’émergence de nouveaux talents dans les métiers de la mode.
La Direction régionale de l’OFPPT à Fès-Meknès forme chaque année plus de 40.000 stagiaires, dont environ 5 % suivent des parcours liés au textile, à l’habillement et au cuir.
Cette huitième édition illustre ainsi la possibilité de faire du patrimoine marocain un véritable levier de formation, de créativité et de transmission des savoir-faire artisanaux.
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