Guerre en Ukraine et énergie : Bruxelles hausse le ton face à la Russie

Likaa17 juin 2025Dernière mise à jour :
Guerre en Ukraine et énergie : Bruxelles hausse le ton face à la Russie

La guerre en Ukraine continue d’ébranler l’Europe. Dans la nuit de lundi à mardi 17 juin 2025, Kiev a été la cible de frappes aériennes particulièrement destructrices. Qualifiée par la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, de « l’une des offensives les plus dévastatrices depuis le début du conflit », cette attaque russe a causé la mort d’au moins 15 civils. Pour l’Union européenne, cet épisode confirme une tendance inquiétante : La Russie poursuit ses attaques sans relâche, prenant pour cible des civils et prolongeant sa guerre, a dénoncé Kallas, en soulignant que Moscou ne montre aucun signe de volonté de paix

Ce climat de tension accrue intervient alors que la Commission européenne franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de rupture énergétique avec la Russie. Ce mardi, Bruxelles a présenté une proposition législative ambitieuse visant à interdire l’ensemble des importations de gaz russe d’ici à la fin de l’année 2027. Cette initiative, à forte portée politique, ne prendra pas la forme d’un paquet de sanctions qui exigerait l’unanimité des 27 États membres, mais d’un acte législatif classique, adopté à la majorité qualifiée

La Commission propose d’interdire tout nouveau contrat gazier avec la Russie à partir du 1er janvier 2026, et de mettre fin aux contrats à court terme existants d’ici au 17 juin 2026. Des exceptions seront accordées aux pays enclavés toujours dépendants des livraisons russes, notamment ceux engagés dans des contrats longue durée. Ces derniers devront toutefois être résiliés avant la fin de 2027

L’exécutif européen impose également l’arrêt, dès janvier 2028, des services de terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) en lien avec des clients russes ou contrôlés par des entités russes. Pour accompagner cette transition, les États membres devront remettre avant le 1er mars 2026 des plans nationaux détaillant leurs stratégies de diversification énergétique

Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, l’Union européenne a réduit sa dépendance au gaz russe de manière significative. La part du gaz importé depuis la Russie est ainsi passée de 45 % en 2021 à 19 % en 2024, grâce à une politique volontariste de diversification des sources, notamment via des accords renforcés avec la Norvège, l’Algérie, et le Qatar

Ce double front diplomatique et énergétique illustre la volonté de l’Union européenne de renforcer son autonomie stratégique tout en maintenant une pression continue sur Moscou. Alors que les combats en Ukraine s’intensifient, l’Europe semble plus déterminée que jamais à tourner la page de sa dépendance historique au gaz russe, sans pour autant rompre brutalement les équilibres économiques de ses États membres

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