Gaza : 20 morts dans la panique autour d’un camion d’aide humanitaire

El azhar Bennouna Sanaa6 août 2025Dernière mise à jour :
Gaza : 20 morts dans la panique autour d’un camion d’aide humanitaire

Gaza : une distribution d’aide vire à la tragédie, la crise humanitaire s’aggrave

Dans la nuit de mardi à mercredi, un drame s’est produit dans le camp de Nousseirat, au centre de la bande de Gaza, où des milliers de civils affamés attendaient désespérément l’arrivée de l’aide humanitaire. Un camion chargé de vivres s’est renversé, provoquant la mort d’au moins 20 personnes et faisant des dizaines de blessés, selon les autorités locales.

Le porte-parole de la Défense civile de Gaza, Mahmoud Bassal, a attribué l’accident à l’état dangereux des routes, contraintes par l’armée israélienne malgré les bombardements récents. Le gouvernement local, dirigé par le Hamas, accuse Israël de restreindre délibérément l’acheminement sécurisé de l’aide.

Une crise alimentaire qui dégénère

Cet incident tragique survient dans un contexte de famine croissante dans l’enclave palestinienne. Selon Médecins sans frontières (MSF), les cas de malnutrition ont été multipliés par quatre depuis mai. « Nos équipes reçoivent chaque jour des enfants et des femmes enceintes en état de sous-alimentation avancée », alerte Caroline Willemen, responsable de MSF à Gaza.

Plus alarmant encore, de nombreux civils seraient régulièrement blessés ou tués alors qu’ils tentent d’accéder aux points de distribution. L’ONU estime qu’au moins 1.373 Palestiniens ont été tués depuis fin mai dans ces circonstances.

Une aide insuffisante, des accusations croisées

Malgré l’entrée de 300 camions d’aide mardi, les autorités palestiniennes dénoncent un accès restreint et inadapté aux besoins. « En dix jours, seulement 853 camions ont été autorisés, soit une moyenne largement insuffisante face aux besoins de plus de deux millions d’habitants », affirme le gouvernement de Gaza.

Human Rights Watch dénonce un système de distribution conçu par l’armée israélienne avec l’appui américain comme un « piège mortel », soulignant les risques encourus par les civils. De son côté, la fondation GHF, acteur privé impliqué dans la logistique humanitaire, affirme n’avoir « jamais été conçue pour remplacer l’ONU », tout en reconnaissant les limites actuelles du système.

Une tragédie de plus dans un blocus prolongé

Entièrement dépendante de l’aide internationale, Gaza subit toujours un blocus partiel imposé par Israël depuis mars. La situation humanitaire atteint désormais des niveaux critiques, poussant les ONG et l’ONU à appeler à une coordination urgente, neutre et sans ingérence militaire.

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