Portée par des conditions climatiques favorables et un savoir-faire renouvelé, la campagne oléicole 2025 s’annonce historique pour le Maroc. Une embellie attendue aussi bien par les producteurs que par les consommateurs.
Des signes annonciateurs d’une belle saison
Dans les vergers d’oliviers qui couvrent les collines de la région Fès-Meknès, l’espoir germe avec vigueur. Les arbres, chargés de fruits, témoignent d’une année prometteuse. Après plusieurs campagnes marquées par des conditions climatiques difficiles et des hausses de prix, les producteurs abordent 2025 avec un optimisme inédit.
À El Laajajra, dans la province de Moulay Yacoub, les agriculteurs scrutent les fruits en formation avec fierté. Ahmed Sahimi, oléiculteur expérimenté, confie :
« Les pluies de fin d’hiver ont changé la donne. Nos cultures ont repris vie. Cette année, on s’attend à une huile plus abondante, et surtout de qualité. »
Une production nationale en forte hausse
Selon les premières estimations, la production d’olives pourrait augmenter de 30 à 75% par rapport à la campagne précédente, selon les zones. Les parcelles irriguées semblent particulièrement favorisées, mais même les cultures pluviales montrent des signes positifs.
Anouar El Jazouli, un jeune agriculteur engagé dans des pratiques durables, ajoute :
« La qualité s’annonce au rendez-vous. Les olives sont charnues, bien formées. C’est le fruit d’un travail de fond sur nos techniques de culture. »
L’olivier, symbole de résilience et pilier économique
L’olivier reste au cœur de l’agriculture marocaine, occupant près de 65% des surfaces arboricoles du pays. Cette campagne pourrait bien marquer un tournant, renforçant la position du Maroc parmi les grands pays producteurs de la Méditerranée.
Pour Abdellah Ziani, vice-président de la Chambre d’agriculture de la région Fès-Meknès, cette embellie est le résultat d’un effort collectif :
« Les formations, l’irrigation goutte-à-goutte, et l’encadrement technique ont fait la différence. Le potentiel est national, pas seulement régional. »
Des prix plus justes pour tous
Après deux années de tension sur les prix, où le litre d’huile d’olive a pu dépasser les 120 dirhams, la campagne 2025 pourrait permettre un retour à un certain équilibre. Les projections avancent un prix situé entre 50 et 60 dirhams le litre, un soulagement pour les ménages et un juste retour pour les agriculteurs.
Cette baisse relative des prix ne signifie pas un recul de la valeur du produit, mais plutôt une harmonisation du marché basée sur une offre plus abondante et mieux maîtrisée.
Une campagne sous haute vigilance climatique
Si les perspectives sont favorables, les agriculteurs restent prudents. Le climat reste un facteur imprévisible, surtout dans certaines zones sensibles. Toutefois, les professionnels s’accordent à dire que 2025 pourrait être une année de référence, consolidant les acquis des dernières années.
Une huile d’olive marocaine qui séduit au-delà des frontières
Au-delà du marché local, cette récolte abondante pourrait également renforcer la présence de l’huile d’olive marocaine à l’international. Avec une qualité en hausse et une image de plus en plus valorisée, le produit national trouve progressivement sa place sur les marchés exigeants de l’Europe, du Moyen-Orient et d’ailleurs.




