Après le discours royal et les appels des jeunes de GenZ 212, le chef du gouvernement engage son équipe à plus de proximité et de réactivité
Sous la pression croissante de la rue et après un discours royal appelant à des réformes sociales concrètes, Aziz Akhannouch mobilise ses ministres. L’exécutif promet une nouvelle dynamique centrée sur l’écoute des citoyens, la transparence et la mise en œuvre rapide des engagements.
Une jeunesse qui fait entendre sa voix
Depuis fin septembre, un vent de mobilisation souffle sur plusieurs villes du Maroc. Portée par le collectif GenZ 212, cette jeunesse marocaine descend dans la rue pour réclamer des réformes profondes dans la santé, l’éducation et la gouvernance publique. Ce mouvement, né dans un contexte de saturation sociale, a gagné en ampleur et en visibilité, notamment sur les réseaux sociaux où il fédère désormais plus de 210 000 membres via la plateforme Discord.
Les sit-in organisés à travers le pays témoignent d’une demande forte de justice sociale, de services publics dignes et de lutte contre la corruption. En toile de fond : l’exaspération face à des drames humains évitables, comme le décès de huit femmes enceintes dans un hôpital public à Agadir, qui a déclenché une onde de choc.
Une réponse politique attendue
Face à cette contestation pacifique et organisée, le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI prononcé récemment a donné le ton. Le souverain a clairement appelé le gouvernement à accélérer les réformes sociales, jugeant que l’heure n’était plus aux promesses, mais à l’action concrète.
Dans la foulée, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a réuni ses ministres et a livré un message sans ambiguïté : l’exécutif doit faire preuve de proximité, d’écoute et de transparence. « Il est essentiel de montrer aux citoyens ce qui a été fait, pourquoi cela a été fait, et ce qui est prévu pour l’avenir », a-t-il déclaré lors de son intervention du 15 octobre.
Une nouvelle méthode : proximité et pédagogie
Aziz Akhannouch appelle désormais ses ministres à quitter leurs bureaux, à aller à la rencontre des Marocains et à rendre compte de leurs actions, secteur par secteur. L’objectif est clair : réconcilier les citoyens avec l’action publique et répondre aux attentes exprimées dans la rue.
Le chef du gouvernement insiste sur la nécessité de pédagogie, de résultats concrets, mais aussi de gestes symboliques forts. Pour lui, même la résolution d’un problème local peut devenir une victoire exemplaire. Dans ce contexte, chaque projet compte, chaque délai est scruté, et chaque silence devient un aveu d’impuissance.
Un tournant décisif vers une volonté d évolution ?
Reste à savoir si cette inflexion du discours gouvernemental se traduira par une action durable. La jeunesse marocaine, aujourd’hui mieux informée, mieux connectée et plus organisée, ne semble pas prête à se contenter de promesses.
La mobilisation annoncée pour ce samedi 18 octobre, dans plusieurs villes du Royaume, sera un test décisif : celui de la capacité du pouvoir à répondre à la rue sans répression, mais par des actes. L’enjeu est de taille : restaurer la confiance entre une génération en quête d’avenir et un État sommé d’évoluer.




