Près de 50 pays réunis pour défendre les droits des femmes face aux reculs internationaux
Alors que les droits des femmes subissent des revers préoccupants à travers le monde, la France a accueilli à Paris, les 22 et 23 octobre 2025, la 4e Conférence ministérielle des diplomaties féministes. Un rendez-vous politique majeur qui marque la volonté de nombreux États de faire front commun pour l’égalité entre les sexes.
Un contexte de régression mondiale
Le rendez-vous n’a rien d’anodin. Dans un climat international marqué par des discours réactionnaires et des politiques qui remettent en cause des décennies de progrès en matière de droits des femmes, la France a souhaité, par cette conférence, réaffirmer un message fort : l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas négociable.
« Nous faisons face à un mouvement de régression des droits des femmes dans le monde », a déclaré Delphine O, ambassadrice en charge de la diplomatie féministe au Quai d’Orsay. Pour elle, cette rencontre est un acte de résistance symbolique et stratégique : faire de Paris un lieu de rassemblement pour les pays engagés, qu’ils soient du Nord ou du Sud.
Une mobilisation internationale sélective
Parmi la soixantaine de pays conviés, 47 ont répondu présents au plus haut niveau, envoyant leurs ministres ou vice-ministres des Affaires étrangères. Le Maroc, l’Espagne, la Colombie, le Chili, le Mexique, la Jordanie, la Mongolie ou encore la Sierra Leone ont notamment pris part aux échanges. En revanche, les États-Unis, l’Italie et la Hongrie – dont les positions conservatrices sur le sujet sont connues – n’ont pas été invités, un choix assumé par la diplomatie française.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a assuré l’ouverture et la clôture de l’événement, illustrant l’importance accordée par la France à cette initiative.
Vers une déclaration politique commune
Durant deux jours, les délégués ont travaillé à définir une stratégie partagée pour contrer les reculs actuels et préserver les financements alloués aux politiques d’égalité, souvent fragilisés par les restrictions budgétaires. Ces échanges donneront lieu à l’adoption d’une déclaration politique inédite, affirmant collectivement l’attachement des pays signataires à une diplomatie féministe active et ambitieuse.
Delphine O a souligné l’importance de considérer cette cause avec la même gravité que les enjeux économiques, environnementaux ou géopolitiques. Pour elle, la diplomatie féministe est un levier puissant pour construire des sociétés plus justes, inclusives et pacifiques.
Une diplomatie féministe, un choix de société
Aujourd’hui, une quinzaine de pays – dont la France – ont adopté une diplomatie féministe, qui place l’égalité femmes-hommes au cœur de leur politique étrangère. Cet engagement se traduit par un soutien accru aux organisations de défense des droits des femmes, une vigilance sur les projets de coopération internationale, et une promotion active de la parité dans les instances internationales.
À travers cette conférence, Paris s’impose non seulement comme un carrefour diplomatique, mais aussi comme un point d’ancrage pour une résistance globale face aux reculs démocratiques et sociaux qui menacent les acquis en matière de genre.




