Covid-19 : une commission du Sénat américain vote une procédure pour outrage au Congrès contre Anthony Fauci

MOHAMED YAZID BENNOUNA6 août 2026Dernière mise à jour :
Covid-19 : une commission du Sénat américain vote une procédure pour outrage au Congrès contre Anthony Fauci

Une commission du Sénat américain a voté en faveur d’une procédure pour outrage au Congrès visant Anthony Fauci, ancien principal conseiller médical des États-Unis, après son refus de répondre à plusieurs questions lors d’une audition consacrée à la gestion de la pandémie de Covid-19.

Adoptée selon un vote strictement partisan, cette décision ouvre la voie à une saisine du Département de la Justice, qui devra déterminer s’il y a lieu d’engager des poursuites pour non-respect d’une assignation du Congrès. À ce stade, aucune décision n’a encore été prise quant à une éventuelle procédure judiciaire.

Fauci invoque le Cinquième amendement

Lors de son audition la semaine dernière, Anthony Fauci a invoqué à plus d’une centaine de reprises le Cinquième amendement de la Constitution américaine, qui protège toute personne contre l’auto-incrimination.

L’ancien responsable sanitaire a expliqué qu’il estimait être la cible d’une campagne politique menée par le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul, affirmant que celui-ci cherchait depuis plusieurs années à le faire condamner.

À l’issue du vote, son avocat, David Schertler, a dénoncé une « manœuvre politique grossière » destinée à sanctionner son client pour avoir exercé un droit constitutionnel.

Une controverse persistante sur les origines du Covid-19

Depuis plusieurs années, Rand Paul accuse Anthony Fauci d’avoir dissimulé des informations sur les origines de la pandémie et d’avoir soutenu des recherches menées dans un laboratoire de Wuhan, en Chine, où certains avancent l’hypothèse d’une fuite accidentelle.

Anthony Fauci a toujours rejeté ces accusations.

La majorité de la communauté scientifique continue d’estimer que l’hypothèse d’une transmission du virus à partir d’un animal infecté demeure la plus probable.

Une protection partielle grâce à une grâce présidentielle

Le dossier présente également une dimension juridique particulière.

Le dernier jour de son mandat en 2025, l’ancien président Joe Biden avait accordé à Anthony Fauci une grâce présidentielle préventive couvrant les actes accomplis entre 2014 et 2025.

Cette mesure ne le protège toutefois pas contre d’éventuelles poursuites liées à des faits postérieurs à cette période, notamment une éventuelle procédure pour outrage au Congrès. Elle ne couvre pas non plus d’éventuelles poursuites engagées au niveau des États fédérés.

Un affrontement politique toujours vif

Avant le vote, Rand Paul a déclaré que la commission ne se prononçait ni sur la gestion de la pandémie ni sur les décisions prises par Anthony Fauci, mais uniquement sur son refus de répondre aux questions des sénateurs après avoir été officiellement convoqué.

Les démocrates ont vivement contesté cette démarche.

Le sénateur Gary Peters, principal représentant démocrate au sein de la commission, a dénoncé une enquête précipitée et une campagne politique menée depuis plusieurs années contre Anthony Fauci.

L’ancien immunologue a, de son côté, réaffirmé n’avoir commis aucune infraction et accusé Rand Paul d’être animé par une volonté personnelle de le voir emprisonné.

Le recours au Cinquième amendement ne constitue pas un aveu de culpabilité. Ce droit vise à protéger toute personne contre le risque de s’incriminer elle-même lors d’une procédure judiciaire ou parlementaire.

Les condamnations pour outrage au Congrès demeurent relativement rares aux États-Unis, même si plusieurs affaires très médiatisées ont abouti ces dernières années à des peines de prison.

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