Eswatini et le Maroc : vers un nouveau palier de partenariat stratégique

El azhar Bennouna Sanaa31 octobre 2025Dernière mise à jour :
Eswatini et le Maroc : vers un nouveau palier de partenariat stratégique

Les deux royaumes franchissent une étape majeure dans le renforcement de leur coopération bilatérale

Sur fond d’élan diplomatique et d’objectifs partagés, le Royaume d’Eswatini et le Royaume du Maroc ont marqué une inflexion significative dans leurs relations bilatérales. À l’occasion de la première session de leur Commission mixte de coopération, les deux pays ont adopté une feuille de route ambitieuse et signé plusieurs accords, tout en réaffirmant leur convergence sur des enjeux cruciaux tels que la souveraineté marocaine sur le Sahara. Cette étape ouvre la voie à un partenariat durable, fondé sur des intérêts communs et une vision africaine partagée.


Une dynamique diplomatique affirmée

Lors de cette session conjointe tenue à Rabat, Pholile Dlamini Shakantu, ministre des Affaires étrangères de l’Eswatini, a réitéré le soutien sans équivoque de son pays à l’intégrité territoriale du Maroc et à la souveraineté du Royaume sur l’ensemble de son territoire, y compris la région du Sahara.
Ce positionnement, salué par la diplomatie marocaine, s’inscrit dans la continuité d’un engagement ferme en faveur de la solution d’autonomie proposée par le Maroc, qualifiée par Mbabane de « seule option crédible, sérieuse et réaliste ».

Cette convergence politique se traduit également par des actes concrets : depuis 2020, l’Eswatini dispose d’un consulat général à Laâyoune, témoignant d’un soutien tangible à la position marocaine sur le terrain.


Des engagements multiformes : accords et feuille de route

Au-delà des déclarations de principe, les deux délégations ont donné corps à leur coopération à travers la signature d’un procès-verbal, d’un communiqué conjoint, d’une feuille de route et de cinq accords sectoriels.
Ces accords couvrent des domaines stratégiques tels que la jeunesse, la justice, la formation diplomatique, le tourisme et l’exemption de visa diplomatique. Ils traduisent le passage d’une diplomatie déclarative à une coopération structurée et mesurable, marquant une nouvelle étape dans l’agenda bilatéral.


Enjeux et perspectives : au-delà du symbolisme

Un pont entre l’Afrique australe et l’Afrique du Nord

Ce rapprochement s’inscrit dans la logique d’une coopération Sud–Sud rénovée, prônée par le Maroc sous la vision pionnière de sa Majesté le Roi Mohamed VI depuis plusieurs années. En renforçant ses liens avec l’Afrique australe, Rabat élargit son rayonnement diplomatique sur un espace encore peu investi, tandis que l’Eswatini diversifie ses partenariats extérieurs, au-delà de ses liens traditionnels avec l’Afrique du Sud.
Cette dynamique ouvre la voie à des échanges culturels, économiques, éducatifs et technologiques prometteurs entre les deux royaumes.

Les défis de la mise en œuvre

La concrétisation de ces engagements suppose désormais un suivi rigoureux, des ressources adaptées et une coordination institutionnelle efficace.
Le véritable enjeu réside dans la capacité à transformer les textes en projets concrets, capables de produire des effets tangibles pour les citoyens et d’ancrer durablement cette coopération dans la réalité économique et sociale.

L’effet domino diplomatique sur la question du Sahara

La position d’Eswatini s’ajoute à celle d’un nombre croissant de pays africains soutenant la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Ce mouvement diplomatique contribue à consolider la légitimité du Maroc sur la scène internationale et à renforcer son influence au sein des instances régionales et multilatérales.
Il illustre, par ailleurs, le poids croissant des alliances africaines dans la reconfiguration géopolitique du continent.


Vers un partenariat crédible et durable

Le rapprochement entre Eswatini et le Maroc illustre une diplomatie de confiance et d’ouverture, fondée sur la complémentarité et la solidarité africaine.
Mais au-delà du symbole, l’enjeu est désormais de donner vie à la coopération signée : impulser des projets, partager l’expertise marocaine et bâtir un partenariat fondé sur la réciprocité et la durabilité.
Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait faire de cette alliance un modèle de coopération Sud–Sud efficace et équilibrée sur le continent.

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