Le Conseil de sécurité entérine le plan d’autonomie marocain comme base de règlement, consacrant un tournant stratégique dans un dossier vieux de cinquante ans.
Le Maroc vient de franchir une étape déterminante dans la reconnaissance internationale de son initiative d’autonomie pour le Sahara occidental. En adoptant, vendredi 31 octobre, une résolution qui fait du plan marocain la référence principale pour une solution politique, le Conseil de sécurité de l’ONU a offert à Rabat une victoire diplomatique aux répercussions profondes sur l’équilibre géopolitique du Maghreb.
Une résolution au ton inédit
C’est un texte qui restera comme un jalon. Adoptée par 11 voix pour, aucune contre et 3 abstentions, la résolution soutenue par les États-Unis et la France marque une inflexion notable dans la manière dont la communauté internationale aborde la question du Sahara occidental.
L’Algérie, soutien historique du Front Polisario, a choisi de ne pas participer au vote, soulignant son désaccord avec un texte qui érige désormais le plan d’autonomie proposé par Rabat en 2007 en « référence principale » pour parvenir à une solution politique « réaliste, pragmatique et durable ».
Pour le Maroc, cette reconnaissance implicite équivaut à une validation diplomatique de la centralité de sa proposition dans le processus onusien. Pour Alger et le Front Polisario, en revanche, il s’agit d’un revers stratégique, réduisant l’espace politique de la revendication d’un référendum d’autodétermination.
La Minurso reconduite, mais redéfinie
Au-delà du symbole, le Conseil de sécurité a également renouvelé le mandat de la Minurso, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, créée en 1991. Si son rôle demeure formellement le même, le contexte a radicalement évolué.
La mission, autrefois conçue pour préparer un référendum sur le statut du territoire, se voit aujourd’hui cantonnée à un rôle d’observation et de maintien de la stabilité, dans un cadre où l’option référendaire paraît de plus en plus théorique.
Cette évolution traduit, de facto, une réorientation du processus onusien vers une approche fondée sur la négociation politique et la reconnaissance du fait accompli sur le terrain, le Maroc contrôlant déjà la majeure partie du territoire.
Un succès diplomatique à portée régionale
Pour Rabat, cette résolution représente bien plus qu’un simple appui international : elle conforte la légitimité de sa démarche et renforce sa position dans un environnement régional tendu.
Le royaume a su capitaliser sur une diplomatie proactive, alliant alliances stratégiques, investissements dans les provinces du Sud et un discours axé sur la stabilité et le développement.
Ce succès intervient dans un contexte où de nombreux pays — notamment en Afrique, en Europe et en Amérique latine — ont soutenu ou reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara.
La multiplication des consulats étrangers à Dakhla et Laâyoune illustre cette dynamique, tout comme le soutien constant de Washington et de Paris au plan d’autonomie.
Vers une nouvelle ère pour le dossier saharien
En inscrivant le plan d’autonomie marocain au cœur de la démarche onusienne, le Conseil de sécurité vient d’ouvrir une nouvelle ère pour un conflit longtemps perçu comme insoluble.




