Un vote décisif attendu lundi sur l’avenir de Gaza et la mise en œuvre du plan Trump
À la veille d’un vote crucial au Conseil de sécurité, les États-Unis mobilisent leurs alliés arabes et occidentaux afin d’obtenir l’adoption d’une résolution entérinant le plan de paix élaboré par le président Donald Trump pour Gaza. Entre rivalité diplomatique avec la Russie, inquiétudes régionales et interrogations internationales, le texte soulève autant d’espoirs qu’il suscite de réserves.
Une offensive diplomatique coordonnée
À New York, l’atmosphère s’est densifiée au rythme des consultations. Depuis une semaine, Washington s’emploie à rallier un maximum de soutiens autour de son projet de résolution qui « endosse » officiellement le plan Trump, à l’origine du cessez-le-feu fragile instauré le 10 octobre.
Vendredi, les États-Unis ont franchi une nouvelle étape en publiant une déclaration conjointe signée par plusieurs pays arabes et musulmans — Qatar, Égypte, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Indonésie, Pakistan, Jordanie et Turquie — vantant « un chemin viable vers la paix et la stabilité » pour la région.
Le Royaume-Uni a, lui aussi, affiché son appui public, renforçant le camp favorable au texte avant le vote programmé lundi.
Un plan ambitieux : administration transitoire et force internationale
Le texte américain, amendé à plusieurs reprises, propose de confier à un « comité de la paix », présidé par Donald Trump lui-même, une période de gouvernance transitoire à Gaza jusqu’à fin décembre 2027.
Il autorise également le déploiement d’une force de stabilisation internationale (ISF), dotée d’un mandat robuste pour :
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sécuriser les frontières en coordination avec Israël et l’Égypte,
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démilitariser Gaza,
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désarmer les groupes armés,
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protéger les civils,
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épauler la formation d’une police palestinienne.
Cette architecture reflète la volonté américaine de doter Gaza d’un cadre institutionnel strict, susceptible d’empêcher toute résurgence du Hamas et de stabiliser durablement le territoire.
La contre-proposition russe : prudence et temporisation
Face à ce texte ambitieux, la Russie a soumis un projet concurrent plus prudent.
Moscou rejette l’idée d’un comité présidé par Trump ainsi que le déploiement immédiat d’une force internationale.
Son texte se limite à demander au secrétaire général de l’ONU de présenter des options concernant la mise en œuvre du plan de paix et le futur déploiement d’un contingent onusien.
Enjeux politiques : entre légitimité, méfiances et calculs régionaux
La confrontation entre les deux projets illustre le débat central :
comment réorganiser Gaza sans créer un précédent contesté ni alimenter les tensions régionales ?
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Certains États s’inquiètent du rôle central accordé à Donald Trump dans la gouvernance transitoire.
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D’autres redoutent qu’une force internationale mandatée pour utiliser “toutes les mesures nécessaires” ne soit perçue comme une occupation déguisée.
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Les pays arabes signataires du soutien à Washington misent, eux, sur une opportunité inédite de stabilisation, tout en cherchant à garder un levier sur la gestion post-guerre.
Une région suspendue au verdict du Conseil de sécurité
Gaza, éprouvée par deux années de guerre, porte un bilan humain tragique : plus de 69 000 Palestiniens tués selon les autorités sanitaires locales, des chiffres jugés fiables par l’ONU, et 1 221 morts côté israélien après l’attaque du 7 octobre 2023.
La décision de lundi ne mettra pas fin à ces souffrances, mais elle pourrait redessiner, pour plusieurs années, les contours politiques et sécuritaires du territoire.
Le Conseil de sécurité devra trancher : avancer vers une solution imposée par Washington, temporiser avec l’approche russe, ou renouer avec l’impasse diplomatique.
Dans tous les cas, l’avenir de Gaza se jouera dans cette salle circulaire où chaque voix pèse plus qu’un simple vote.




