Pékin et Damas resserrent leurs liens : Wang Yi accueille le nouveau chef de la diplomatie syrienne

El azhar Bennouna Sanaa17 novembre 2025Dernière mise à jour :
Pékin et Damas resserrent leurs liens : Wang Yi accueille le nouveau chef de la diplomatie syrienne

Premier déplacement d’Assaad al-Chaibani en Chine depuis la formation du nouveau gouvernement syrien

La Chine et la Syrie ont franchi une nouvelle étape dans leur rapprochement diplomatique. À Pékin, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a reçu son homologue syrien Assaad al-Chaibani pour une rencontre axée sur les « intérêts communs », marquant le premier déplacement du chef de la diplomatie syrienne depuis la formation du gouvernement en janvier, après la chute du régime de Bachar al-Assad.


Un premier voyage hautement symbolique

Le déplacement d’Assaad al-Chaibani à Pékin s’inscrit dans un contexte politique inédit pour la Syrie, désormais dirigée par le président Ahmed al-Charaa après la fin du régime Assad en décembre dernier. La Chine, qui avait maintenu un dialogue prudent avec Damas pendant les années de conflit, a été l’un des premiers pays à reconnaître le nouveau gouvernement.

En accueillant le ministre syrien, Wang Yi a rappelé la profondeur historique des liens entre les deux nations :
« Les échanges amicaux entre la Chine et la Syrie ont une longue histoire, l’ancienne Route de la Soie reliant nos deux peuples », a-t-il déclaré.

L’année prochaine marquera d’ailleurs le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre Pékin et Damas, un jalon que les deux parties entendent célébrer avec éclat.


Pékin réaffirme une stratégie fondée sur la non-ingérence

La Chine a réitéré son attachement à une relation bilatérale fondée sur le respect mutuel et la stabilité régionale. Selon Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Yi a souligné que les deux pays partageaient « de vastes intérêts communs ».

Pékin s’est engagé à remettre les relations bilatérales sur la bonne voie, tout en réaffirmant l’un des piliers de sa diplomatie : la non-ingérence.
Wang Yi a insisté sur la nécessité pour la Syrie de « prévenir toute entité d’utiliser son territoire pour mener des activités portant atteinte à la sécurité nationale, à la souveraineté et aux intérêts de la Chine ».

Cette exigence fait écho aux inquiétudes croissantes de Pékin concernant la sécurité de ses ressortissants et de ses investissements à l’étranger.


Vers une relance des échanges et une coopération économique élargie

Les deux ministres ont publié une déclaration conjointe confirmant leur volonté de relancer progressivement les échanges à tous les niveaux, qu’ils soient politiques, économiques ou culturels.

La Chine se dit prête à jouer un rôle moteur dans la reconstruction économique de la Syrie, un dossier crucial pour le nouveau gouvernement d’Al-Chaibani.
Pékin veut contribuer à la modernisation des infrastructures syriennes, au développement social et à l’amélioration des conditions de vie d’une population lourdement éprouvée par plus d’une décennie de crise.

Cette visite marque ainsi le début d’une nouvelle phase, où la Syrie cherche des partenaires pour stabiliser son territoire et relancer son économie, tandis que la Chine continue d’étendre son influence au Moyen-Orient dans un contexte géopolitique en recomposition.

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