Bosnie-Herzégovine : le candidat de Milorad Dodik remporte la présidence de la Republika Srpska

El azhar Bennouna Sanaa24 novembre 2025Dernière mise à jour :
Bosnie-Herzégovine : le candidat de Milorad Dodik remporte la présidence de la Republika Srpska

Sinisa Karan, fidèle allié du leader nationaliste serbe, s’impose de justesse face au candidat soutenu par l’opposition, dans un climat politique tendu marqué par les menaces sécessionnistes.


La commission électorale centrale a annoncé, dimanche 23 novembre, la victoire de Sinisa Karan à la présidence anticipée de la Republika Srpska, entité serbe de Bosnie. L’homme de confiance de Milorad Dodik l’emporte avec un peu plus de 50 % des voix, dans un scrutin serré face à Branko Blanusa. Ce vote, perçu comme un test politique majeur, intervient après des mois de tensions institutionnelles et judiciaires autour de Dodik, figure centrale du nationalisme serbe en Bosnie.


Une victoire serrée mais attendue

Avec 50,89 % des voix, Sinisa Karan, 63 ans, ancien ministre de l’intérieur, a été déclaré vainqueur sur la base du dépouillement de près de 93 % des bureaux de vote. Son principal adversaire, Branko Blanusa, universitaire de 56 ans soutenu par plusieurs partis d’opposition, obtient 47,81 %.


Une entité stratégique au sein d’un pays fragile

La Republika Srpska (RS), qui couvre environ la moitié de la Bosnie-Herzégovine et compte près de 1,2 million d’électeurs, constitue l’une des deux entités autonomes du pays, avec la Fédération croato-bosniaque.

Le président de la RS dispose de prérogatives importantes — nomination du Premier ministre, promulgation des lois — mais dépend d’une majorité parlementaire pour exercer son influence. Le mandat de Sinisa Karan devrait toutefois être temporaire, un an seulement, avant des élections générales en octobre 2026.


Un climat d’incertitude politique persistant

La victoire de Sinisa Karan pourrait permettre un apaisement institutionnel à court terme, mais les tensions restent vives.

  • La RS demeure profondément polarisée entre partisans du maintien dans l’État bosnien et partisans d’un agenda sécessionniste.

  • Les relations entre les autorités serbes de Bosnie et le bureau du haut représentant restent empoisonnées par des années de défiance.

  • Les partis d’opposition affirment, de leur côté, que ce scrutin a révélé l’érosion progressive du soutien populaire à Dodik.

La communauté internationale, observatrice attentive, espère voir cette transition ouvrir une période de dialogue, à l’heure où la Bosnie-Herzégovine aspire à rapprocher davantage ses institutions des standards européens.

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