Guinée-Bissau : le président Umaro Sissoco Embalo arrêté par l’armée, les militaires prennent le contrôle du pays

El azhar Bennouna Sanaa27 novembre 2025Dernière mise à jour :
Guinée-Bissau : le président Umaro Sissoco Embalo arrêté par l’armée, les militaires prennent le contrôle du pays

Au lendemain des élections générales, les forces armées annoncent suspendre le processus électoral et instaurer un « Haut commandement pour la restauration de l’ordre ».

La Guinée-Bissau replonge dans l’incertitude politique après l’arrestation du président sortant Umaro Sissoco Embalo par des militaires, alors que le pays attendait encore les résultats du double scrutin de dimanche. L’armée affirme avoir pris le contrôle du pays « pour rétablir l’ordre », dans un contexte de tensions récurrentes et d’accusations de déstabilisation.


Un président arrêté et « bien traité », selon l’armée

Un officier de l’armée a confirmé à l’AFP que le président Embalo est « détenu à l’état-major et bien traité ».
Le chef de l’État a été appréhendé en même temps que le chef d’état-major et le ministre de l’Intérieur, alors que des tirs nourris avaient retenti mercredi aux abords du palais présidentiel.

Cette intervention survient dans un climat déjà électrique, marqué par l’attente des résultats des élections présidentielles et législatives tenues dimanche.


Les militaires annoncent la suspension du processus électoral

Réunis face à la presse, des membres de l’armée ont proclamé avoir pris le « contrôle total du pays » et suspendu le processus électoral.

Selon Le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire de la présidence, l’armée a agi pour « garantir la sécurité nationale », affirmant que les services de renseignement auraient découvert un « plan de déstabilisation » impliquant des « barons nationaux de la drogue ».


Un pays fragilisé par l’histoire des coups d’État

La Guinée-Bissau, indépendante depuis 1974, est tristement connue pour sa longue série de crises politiques, comptant quatre coups d’État réussis et plusieurs tentatives de putsch.
Ce nouvel épisode renforce l’image d’un État vulnérable, traversé par des luttes de pouvoir et gangrené par les réseaux de trafic de drogue, dont il constitue une plaque tournante entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

Pour sécuriser les élections, plus de 6 780 membres des forces de sécurité, dont des éléments de la CEDEAO, avaient été déployés. Malgré cela, la situation a basculé en quelques heures.


Une crise politique qui rappelle celle de 2019

La dernière présidentielle, en 2019, avait déjà plongé le pays dans un long bras de fer post-électoral.
Embalo et son adversaire Domingos Simões Pereira, leader du PAIGC — le parti historique — avaient chacun revendiqué la victoire, ouvrant plusieurs mois d’instabilité institutionnelle.

L’histoire semble, une fois encore, se répéter dans cette nation de 2,2 millions d’habitants, où les institutions peinent à asseoir durablement leur légitimité.

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