Hamas propose de geler les armes contre une trêve prolongée, Israël exige un désarmement total

El azhar Bennouna Sanaa12 décembre 2025Dernière mise à jour :
Hamas propose de geler les armes contre une trêve prolongée, Israël exige un désarmement total

Entre propositions politiques et lignes rouges sécuritaires, les perspectives d’un cessez-le-feu durable restent incertaines. 


La proposition récente du Hamas, consistant à geler l’usage des armes en échange d’une trêve longue, a été immédiatement rejetée par Israël, qui réaffirme que tout accord de cessez-le-feu devra inclure un désarmement complet de la mouvance palestinienne. Depuis Amman, le chercheur en relations internationales Hatem Ayyad décrypte les enjeux et les limites d’une équation diplomatique particulièrement complexe.


Une proposition inédite du Hamas : pragmatisme ou stratégie ?

Le mouvement Hamas a mis sur la table une offre rare dans son histoire militaire :
suspendre l’usage des armes pour une durée prolongée, dans le cadre d’une trêve négociée.
Si la proposition ne mentionne ni renoncement définitif à l’armement, ni démantèlement de ses brigades, elle marque néanmoins un glissement tactique notable, destiné à ouvrir une fenêtre de négociation dans un contexte humanitaire et militaire extrêmement tendu.


La réponse israélienne : une ligne rouge non négociable

Côté israélien, la réaction a été sans ambiguïté.
Le gouvernement affirme que tout cessez-le-feu — qu’il soit obtenu par accord ou imposé — devra mener au désarmement complet du Hamas.
La notion même de « gel des armes » est jugée insuffisante, voire dangereuse, car elle permettrait, selon Tel-Aviv, au mouvement de se réorganiser militairement.

Pour les autorités israéliennes, l’objectif demeure inchangé :
« mettre fin à la capacité militaire du Hamas », quels que soient les outils diplomatiques ou sécuritaires nécessaires.


Un environnement régional sous tension

La question du désarmement du Hamas ne peut être isolée du contexte régional.
Les négociations impliquent une mosaïque d’acteurs — Égypte, Qatar, États-Unis et ONU — qui tentent de concilier des positions fondamentalement opposées.


Perspectives : un compromis possible ?

À court terme, les chances d’accord restent fragiles.
Le défi majeur réside dans l’absence d’un terrain commun :

  • Hamas accepte l’idée d’une trêve longue, mais refuse le désarmement ;

  • Israël accepte une trêve uniquement si elle conduit au désarmement total.


Conclusion : une impasse lourde de conséquences

La proposition du Hamas et la réponse israélienne traduisent l’impasse stratégique qui bloque toute avancée diplomatique depuis des mois.
Entre réalités militaires, pression humanitaire et enjeux géostratégiques, la situation continue d’échapper à une solution durable.

Toute évolution dépendra désormais de la capacité des médiateurs à rapprocher deux visions sécuritaires diamétralement opposées, dans un contexte où chaque geste est scruté et chaque concession perçue comme un risque stratégique.

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