Zone de libre-échange continentale africaine : un projet ambitieux qui nécessite temps, coordination et vision

El azhar Bennouna Sanaa12 décembre 2025Dernière mise à jour :
Zone de libre-échange continentale africaine : un projet ambitieux qui nécessite temps, coordination et vision

Depuis Marrakech, le ministre Ryad Mezzour rappelle que la ZLECAf représente une opportunité historique pour l’Afrique, mais que sa mise en œuvre requiert des infrastructures solides et une coopération renforcée.


Lors de l’ouverture de la deuxième édition du Forum d’affaires de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le ministre marocain de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a souligné que la réussite de ce projet panafricain phare repose sur une vision stratégique, un engagement collectif et un travail de longue haleine. Les interventions ont mis en avant les défis logistiques, économiques et institutionnels, tout en rappelant le rôle central du Maroc dans la consolidation de l’intégration africaine.


Un chantier continental structurant mais complexe

S’exprimant à Marrakech, Ryad Mezzour a décrit la ZLECAf comme un projet majeur « qui exige du temps » et une coordination étroite entre les États membres.
Parmi les principaux obstacles recensés :

  • l’insuffisance des infrastructures portuaires et routières ;

  • les coûts élevés du transport ;

  • l’immensité du territoire africain ;

  • les disparités de gouvernance dans certaines régions.

Ces contraintes freinent la fluidité des échanges et soulignent la nécessité d’investir dans des dispositifs logistiques modernes et connectés.


La vision atlantique du Maroc : un levier d’intégration régionale

Le ministre a rappelé que l’Initiative Atlantique, lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, propose une approche intégrée pour relier les pays du Sahel à l’océan Atlantique grâce à des infrastructures de nouvelle génération et à des partenariats économiques renforcés.

Dans cette perspective, le port de Dakhla Atlantique constitue un pilier stratégique. Pensé comme une plateforme logistique majeure entre l’Europe, le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, il ambitionne de :

  • favoriser les échanges interrégionaux ;

  • stimuler la compétitivité des opérateurs africains ;

  • soutenir la mise en œuvre opérationnelle de la ZLECAf.


Des success stories africaines mises à l’honneur

Le forum a également été l’occasion de présenter les réussites de plusieurs entreprises africaines exportatrices, illustrant le potentiel entrepreneurial du continent et sa capacité à s’imposer dans des chaînes de valeur régionales et internationales.

Organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’événement témoigne de l’engagement soutenu du Maroc pour accélérer l’intégration commerciale africaine et renforcer les outils qui soutiennent le libre-échange à l’échelle du continent.


Analyse prospective : vers une intégration à plusieurs vitesses

La ZLECAf s’inscrit comme l’un des projets les plus ambitieux de l’histoire économique africaine. Cependant, son déploiement restera progressif et inégal selon les pays. Parmi les tendances anticipées :

  • une montée en puissance des corridors logistiques transafricains ;

  • un besoin accru d’harmonisation réglementaire ;

  • l’émergence de pôles régionaux structurants (Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, Afrique australe) ;

  • la création progressive d’un marché africain plus homogène et attractif ;

  • la transformation des chaînes de valeur africaines vers davantage de production locale.

La réussite de la ZLECAf dépendra donc de la capacité des États à investir, à coopérer et à mettre en place des politiques coordonnées pour lever les entraves structurelles.

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