Les syndicats dénoncent un projet de réforme du Code du travail jugé trop libéral, tandis que le gouvernement invoque la relance économique.
Jeudi, le Portugal a connu sa première grève générale en douze ans, paralysant transports, écoles et hôpitaux. Les syndicats dénoncent un projet de réforme du Code du travail qui, selon eux, fragiliserait les protections des salariés, tandis que le gouvernement défend ces mesures comme un levier pour stimuler l’emploi et la croissance.
Un pays à l’arrêt
Selon la confédération syndicale CGTP, plus de trois millions de salariés ont cessé le travail sur une population active d’environ 5,5 millions. Les transports publics ont été fortement perturbés : le métro de Lisbonne est resté fermé, les ferries et trains n’ont assuré qu’un service minimum, et la compagnie nationale TAP Air Portugal a annulé plus de 200 vols.
L’industrie n’a pas été épargnée : la principale usine Volkswagen du pays, située à Setúbal, a été totalement paralysée. La deuxième centrale syndicale, l’UGT, a rapporté un taux de participation de 80 % de ses adhérents.
Médecins, enseignants : des secteurs clés mobilisés
Les professions publiques ont montré une forte mobilisation :
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Médecins : 90 % d’adhésion à la grève,
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Enseignants : plus de 90 %, entraînant la fermeture de centaines d’écoles.
Un contexte historique et économique sensible
Cette grève constitue le mouvement social le plus important depuis 2013, année de la sévère crise économique et des mesures d’austérité imposées par l’Union européenne et le FMI, qui avaient déjà profondément modifié le Code du travail.
Le gouvernement de Luis Montenegro défend la réforme comme un moyen de stimuler la croissance et de créer plus d’emplois, incluant des mesures comme la simplification des licenciements, l’allongement des contrats à durée déterminée, davantage de flexibilité pour organiser le temps de travail et l’extension du service minimum en cas de grève.
Vers un bras de fer social durable ?
Alors que la réforme doit encore passer par le Parlement, le climat social reste tendu. Le gouvernement parle de modernisation nécessaire, tandis que les syndicats mettent en garde contre un affaiblissement des protections des travailleurs et une précarisation accrue de l’emploi.
Le Portugal se trouve à un moment charnière, entre la volonté de relance économique et la nécessité de préserver le tissu social acquis après des décennies de lutte syndicale.




