Dix ans après Al Boraq, le Royaume prépare une nouvelle ère de modernisation
Dix ans après l’inauguration d’Al Boraq, première ligne à grande vitesse d’Afrique, le Maroc entame une phase majeure de modernisation de son réseau ferroviaire. Entre extensions du TGV et déploiement des RER dans les grandes métropoles, le pays cherche à décongestionner les corridors saturés, à fluidifier la mobilité urbaine et à réduire l’empreinte environnementale des déplacements.
L’extension du TGV : Casablanca–Marrakech et au-delà
Le projet le plus avancé concerne la ligne Tanger–Kénitra–Casablanca, avec pour ambition de relier Casablanca à Marrakech à grande vitesse. Cette extension vise à désengorger un corridor déjà saturé et pourrait à moyen terme se prolonger vers Agadir, assurant une continuité nord-sud du réseau.
Le financement repose sur un montage hybride, combinant budget public, emprunts internationaux et partenariats avec des institutions de développement. Sur le plan technique, les travaux doivent concilier vitesse commerciale, fiabilité et capacité à absorber la demande croissante, dans un contexte de topographie variée et de contraintes environnementales.
Les RER : une mobilité urbaine réinventée
Parallèlement, le Maroc déploie des RER à Casablanca et dans le corridor Rabat–Salé–Mohammédia. Ces projets ne se limitent pas aux voies ferrées : ils prévoient la réorganisation des gares, la création de pôles d’échanges multimodaux et l’intégration avec tramways, bus et mobilités douces.
L’objectif est de proposer une alternative efficace aux déplacements routiers, capable de transporter massivement les voyageurs aux heures de pointe tout en réduisant congestion et pollution.
Modernisation et normes européennes
L’amélioration du réseau classique inclut le doublement de sections critiques, l’électrification complémentaire et la modernisation des systèmes de signalisation. L’adoption des standards européens de gestion du trafic (ERTMS) garantit à la fois sécurité et fluidité, tandis que la planification des RER conjugue performance, continuité et maîtrise des coûts.
Les investissements pour le TGV et les RER se chiffrent en dizaines de milliards de dirhams, mobilisant ressources publiques, financement multilatéral, instruments verts et contributions territoriales. Les chantiers seront réalisés par phases pour assurer la continuité du service ferroviaire.
Vers une transformation durable de la mobilité
Ces projets représentent une transformation structurelle du transport ferroviaire au Maroc. Les extensions du TGV relient les pôles productifs et touristiques, tandis que les RER préfigurent une mobilité urbaine plus rationnelle et interconnectée.
L’impact attendu est double : améliorer la mobilité quotidienne des citoyens et renforcer l’attractivité économique et touristique des villes, inaugurant une nouvelle ère pour le transport ferroviaire marocain.




