Corée du Sud : l’ex-Premier ministre Han Duck-soo condamné à 23 ans de prison pour complicité dans la tentative de loi martiale

El azhar Bennouna Sanaa21 janvier 2026Dernière mise à jour :
South Korean acting President Han Duck-soo speaks during a briefing at the Government Complex in Seoul on March 24, 2025. South Korea's Constitutional Court dismissed the impeachment of Prime Minister Han Duck-soo on March 24, reinstating him as acting president -- a role he was given after the president was suspended for declaring martial law. (Photo by Ahn Young-joon / POOL / AFP)
South Korean acting President Han Duck-soo speaks during a briefing at the Government Complex in Seoul on March 24, 2025. South Korea's Constitutional Court dismissed the impeachment of Prime Minister Han Duck-soo on March 24, reinstating him as acting president -- a role he was given after the president was suspended for declaring martial law. (Photo by Ahn Young-joon / POOL / AFP)

Séoul – Une décision judiciaire historique

Mercredi, un tribunal de Séoul a rendu un verdict retentissant : Han Duck-soo, ancien Premier ministre de Corée du Sud, a été condamné à 23 ans de prison pour sa participation dans la tentative de mise en place de la loi martiale en décembre 2024. Cette peine dépasse largement les 15 ans requis par le parquet et marque une étape importante dans la lutte du pays pour protéger son ordre constitutionnel.


Une crise politique sans précédent

Le 3 décembre 2024, sous la présidence de Yoon Suk Yeol, la Corée du Sud a été plongée dans une crise politique majeure lorsque le président a annoncé par surprise l’instauration de la loi martiale et le déploiement de l’armée au Parlement. L’objectif affiché : museler l’assemblée nationale et contourner un blocage budgétaire orchestré par l’opposition.

Heureusement, la manœuvre n’a duré que quelques heures. Des députés courageux ont réussi à pénétrer dans l’hémicycle encerclé, suspendant ainsi le décret présidentiel. Ce retour en arrière a évité un véritable coup d’État institutionnel, mais a laissé des séquelles profondes dans la vie politique sud-coréenne.


Le rôle de Han Duck-soo examiné

Dans son verdict, le juge Lee Jin-gwan a estimé que Han Duck-soo, alors Premier ministre, n’avait pas rempli ses responsabilités. Bien qu’il ait exprimé certaines inquiétudes au président sur la loi martiale, il n’a pas pris de mesures concrètes pour s’opposer au coup de force ni mobilisé les membres du gouvernement pour le contrecarrer.

Le tribunal considère que le décret visait à « renverser l’ordre constitutionnel » et que Han a joué un rôle significatif dans ces « actes insurrectionnels ». L’accusé a été sommé de se présenter immédiatement en prison pour purger sa peine.


Une succession chaotique

Après la suspension de Yoon le 14 décembre, Han Duck-soo avait été nommé président par intérim. Il a lui-même été suspendu quelques jours plus tard pour avoir prétendument entravé les procédures contre Yoon, avant d’être rétabli par la Cour constitutionnelle en mars 2025. Il a finalement démissionné en mai, aspirant à se présenter aux élections anticipées déclenchées par la destitution définitive de Yoon, sans toutefois recevoir l’investiture de son parti.


Analyse : une leçon pour la démocratie sud-coréenne

Cette affaire illustre la fragilité et la résilience des institutions sud-coréennes. Le rôle des parlementaires, capables de défendre l’ordre constitutionnel malgré la pression militaire, et la fermeté de la justice, sont autant de signes que la démocratie du pays tient bon face aux tentatives de déstabilisation.

Elle rappelle aussi que les responsabilités politiques ne se limitent pas à l’action directe : ne pas agir face à un abus de pouvoir peut également engager la responsabilité pénale.

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