Maroc : histoire et rôle des grands barrages, piliers de la sécurité hydrique nationale

El azhar Bennouna Sanaa13 février 2026Dernière mise à jour :
Maroc : histoire et rôle des grands barrages, piliers de la sécurité hydrique nationale

Des débuts dès l’indépendance à un réseau hydraulique stratégique

Depuis l’indépendance, le Maroc a investi massivement dans l’aménagement de barrages pour garantir l’accès à l’eau potable, développer l’irrigation agricole et produire de l’énergie. Ces ouvrages, répartis à travers les principaux bassins hydrauliques du Royaume, témoignent d’une volonté de maîtriser une ressource essentielle dans un contexte climatique souvent aride et soumis à de fortes variations saisonnières.

Aujourd’hui, le Maroc compte plusieurs centaines de barrages et retenues d’eau, avec une capacité globale qui s’élève à plusieurs dizaines de milliards de mètres cubes, permettant de sécuriser l’approvisionnement en eau pour les populations, l’agriculture et l’industrie.


Les grandes étapes de la construction des barrages

Barrage Bin el Ouidane (1953) – le pionnier de l’après-guerre

L’un des premiers grands barrages modernes du pays est le Barrage Bin el Ouidane, mis en service en 1953 après des travaux lancés en 1949. Situé sur l’Oued El-Abid dans la région de Beni Mellal, il a joué un rôle déterminant dans l’alimentation en eau d’irrigation des plaines environnantes ainsi que dans la production hydroélectrique, avec une centrale d’une capacité de plus de 130 MW.

Barrage Nakhla (1961) – eau potable pour le Nord

Dans les années 1960, le Barrage Nakhla a été achevé pour sécuriser l’approvisionnement en eau de la ville de Tétouan et de ses environs. Ce barrage, bien que de taille plus modeste, a contribué à structurer l’accès aux ressources dans une région qui dépend fortement des retenues artificielles.

Mohamed V (1967) – grande capacité et multifonctions

Le Barrage Mohamed V, inauguré en 1967 sur l’Oued Moulouya, illustre l’ambition croissante du Maroc dans la gestion de l’eau. Il assure l’irrigation de larges superficies agricoles, l’alimentation en eau potable de zones urbaines et la production d’électricité, renforçant ainsi l’autonomie hydraulique du Nord-Est.

Al Massira (1979) – irrigation et énergie au centre du pays

Le barrage Barrage Al Massira est mis en service à la fin des années 1970 sur l’Oum Er-Rbia, un des principaux fleuves du Maroc. Avec une capacité de plusieurs milliards de mètres cubes, il soutient l’irrigation de vastes zones agricoles autour de Settat et produit de l’électricité, répondant à des besoins croissants d’eau et d’énergie.

Hassan I (1986) – le plus haut barrage du Maroc et d’Afrique

Inauguré en 1986, le Barrage Hassan I est le barrage le plus élevé du Royaume et d’Afrique. Il a été conçu pour irriguer des centaines de milliers d’hectares agricoles autour de Demnate tout en alimentant une centrale hydroélectrique d’une capacité notable.

Smir (1991) – eau potable pour la côte nord

Plus récemment, le barrage Barrage Smir, mis en service en 1991, a renforcé l’approvisionnement en eau potable de Tétouan et de la région, en s’insérant dans une logique de satisfaction directe des besoins des populations urbaines.


Des débouchés multiples pour une ressource stratégique

Les barrages marocains ne jouent pas un rôle unique :

  • Sécurité de l’eau potable pour des millions de citoyens dans les villes et zones rurales ;

  • Irrigation agricole, support essentiel de l’agriculture et de la sécurité alimentaire dans un secteur qui consomme la majorité des ressources hydriques ;

  • Production d’énergie hydroélectrique, contribuant à une part significative de l’électricité renouvelable du pays ;

  • Gestion des crues et prévention des inondations, une fonction mise en évidence lors des pluies intenses récentes qui ont besoin de capacités de stockage et de gestion adaptées.

Selon les données officielles, la répartition des réserves varie selon les bassins, mais l’ensemble des barrages continue d’être central pour la planification hydraulique au Maroc, même dans un contexte climatique qui reste incertain.


Un avenir de ressources mieux gérées

La politique hydraulique marocaine ne s’arrête pas aux ouvrages existants. De nouveaux projets, tels que des barrages supplémentaires ou des ajustements d’infrastructures existantes, sont en cours pour renforcer la résilience face au stress hydrique, l’augmentation des besoins et le changement climatique.

Dans un pays où l’eau conditionne l’essor des territoires, des villes et des systèmes agricoles, ces barrages — héritages du passé et leviers pour l’avenir — constituent des outils indispensables pour construire une gestion durable et équitable de l’eau pour tous les Marocains.

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles