Le Maroc confirme son positionnement comme plateforme régionale de réflexion économique. Le Fonds monétaire international a en effet choisi Rabat pour accueillir la deuxième édition de la Conférence de recherche « IMF–MENA », prévue les 29 et 30 juin 2026, en partenariat avec l’Université Mohammed VI Polytechnique.
Après une première édition organisée en Égypte en 2025, ce rendez-vous annuel s’installe au cœur du Royaume avec une ambition claire : structurer un espace durable de dialogue entre chercheurs, universitaires, responsables publics et acteurs privés autour des grands défis économiques de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).
Repenser l’intégration régionale dans un monde fragmenté
Placée sous le thème « Repenser l’intégration de la région MENA dans un environnement mondial en rapide mutation », l’édition 2026 intervient dans un contexte international marqué par les tensions commerciales, la fragmentation géo-économique et l’essor accéléré du numérique et de l’intelligence artificielle.
Pour les économies de la région MENA, ces mutations représentent un double enjeu :
-
faire face aux chocs externes,
-
mais aussi saisir les opportunités de diversification, d’innovation et de croissance durable.
Les débats porteront notamment sur les politiques macroéconomiques capables d’absorber les turbulences mondiales, le rôle de l’investissement dans l’énergie et les infrastructures, ainsi que l’impact de la numérisation et de l’IA sur la productivité et les marchés du travail.
Un contexte marocain validé, mais exigeant
Cette annonce intervient alors que le Fonds monétaire international a récemment salué la trajectoire macroéconomique du Maroc à l’issue de sa mission au titre de l’article IV : croissance robuste, inflation maîtrisée et déficit budgétaire en recul.
Mais l’institution internationale souligne également des chantiers structurants : réforme des établissements publics, consolidation budgétaire prudente, dynamisation du secteur privé et meilleure adéquation entre formation et emploi. Autrement dit, la stabilité acquise doit désormais se traduire en création d’emplois durables et en montée en gamme économique.
Dans ce contexte, accueillir une conférence de cette envergure n’est pas anodin : c’est aussi une reconnaissance du rôle croissant du Maroc dans la réflexion régionale sur les politiques économiques.
Appel à contributions : chercheurs et jeunes talents mobilisés
Le Comité scientifique lance un appel à contributions ouvert aux travaux empiriques et théoriques portant sur la région MENA ou offrant une perspective internationale pertinente.
Les thématiques prioritaires incluent :
-
l’intégration commerciale et financière face aux chocs tarifaires ;
-
les politiques macroéconomiques de gestion des crises externes ;
-
l’impact de l’intelligence artificielle et du numérique ;
-
l’investissement dans l’énergie, les infrastructures de données et les fintech ;
-
la coopération financière régionale.
Les chercheurs ont jusqu’au 31 mars 2026 pour soumettre leurs travaux en anglais. Une sélection d’articles sera publiée dans la revue scientifique Emerging Markets Review.
Une attention particulière sera portée aux jeunes chercheurs : les étudiants de cycle supérieur pourront voir leurs travaux intégrés au programme officiel, et un prix assorti d’une récompense financière distinguera la meilleure contribution académique.
Un espace pérenne entre recherche et décision publique
Au-delà de l’événement ponctuel, cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large : rapprocher la recherche académique et la décision publique afin de mieux anticiper les transformations économiques profondes qui traversent la région.
Dans un monde où les équilibres commerciaux et financiers évoluent rapidement, la capacité à produire une analyse rigoureuse et adaptée aux réalités régionales devient un levier stratégique. En accueillant la Conférence « FMI–MENA 2026 », le Maroc renforce ainsi son rôle de plateforme de réflexion et de coopération économique régionale.




