Le Mexique vient de tourner une page majeure de sa lutte contre le narcotrafic. L’armée mexicaine a annoncé la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, plus connu sous le surnom d’« El Mencho », chef du Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG) et considéré comme l’un des trafiquants de drogue les plus recherchés au monde.
Âgé de 59 ans, il a été blessé lors d’une opération menée dans la localité de Tapalpa, dans l’État de Jalisco, avant de succomber durant son transfert aérien vers Mexico, selon les autorités.
Une cible prioritaire depuis des années
« El Mencho » figurait depuis longtemps parmi les criminels les plus activement recherchés par le Mexique et les États-Unis. Washington avait offert jusqu’à 15 millions de dollars pour toute information menant à sa capture.
Depuis l’arrestation de figures historiques du Cartel de Sinaloa comme Joaquín Guzmán et Ismael Zambada García, incarcérés aux États-Unis, Oseguera était perçu comme l’un des derniers grands parrains encore en liberté.
Fondateur du CJNG en 2009, il a transformé ce groupe en une organisation criminelle transnationale, présente dans la quasi-totalité du territoire mexicain et impliquée dans divers trafics : stupéfiants, armes, extorsion, trafic de migrants, vol de ressources naturelles.
Une opération à haut risque
L’intervention des forces fédérales a provoqué une réaction immédiate de groupes armés, avec des blocages routiers et des véhicules incendiés dans l’État de Jalisco, ainsi que dans l’État voisin du Michoacán.
Ces méthodes sont fréquemment utilisées par les cartels pour ralentir ou entraver les opérations des autorités lorsqu’une cible de grande valeur est visée.
En 2025, les États-Unis avaient classé le CJNG comme organisation terroriste, l’accusant notamment d’être un acteur majeur du trafic de cocaïne, d’héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl vers l’Amérique du Nord.
Un tournant, mais pas la fin d’un cycle
Si la mort d’« El Mencho » constitue un coup stratégique important pour les autorités mexicaines, elle ne marque pas nécessairement la fin de la violence liée au narcotrafic.
Depuis 2006, les affrontements entre cartels et forces de sécurité ont causé plus de 450.000 morts et plus de 100.000 disparus au Mexique, selon les chiffres officiels. Ce lourd bilan rappelle que le phénomène dépasse les trajectoires individuelles et s’inscrit dans des dynamiques économiques, sociales et sécuritaires complexes.
Une onde de choc internationale
La disparition de cette figure centrale pourrait redistribuer les équilibres internes entre organisations criminelles. Elle pose également la question de la succession à la tête du CJNG et des possibles recompositions du paysage du narcotrafic régional.
Pour les autorités, l’enjeu est désormais double : éviter une escalade des violences à court terme et consolider, à long terme, une stratégie de sécurité capable de s’attaquer aux racines structurelles du phénomène.
La mort d’« El Mencho » symbolise la chute d’un acteur majeur du crime organisé mondial. Mais elle rappelle aussi que la stabilité durable repose sur des politiques de prévention, de coopération internationale et de développement social, au-delà des seules opérations de force.




