À Genève, le Maroc assume jusqu’au 13 mars 2026 la présidence de la Conférence du désarmement des Nations Unies, unique organe multilatéral chargé de négocier les traités internationaux en matière de désarmement.
À la tête de cette instance stratégique, l’ambassadeur Omar Zniber a placé le mandat marocain sous le signe du dialogue, de l’inclusivité et de la relance d’un processus multilatéral confronté depuis plusieurs années à l’immobilisme.
Un contexte international sous tension
La présidence marocaine intervient dans un environnement géopolitique marqué par des tensions croissantes, une multiplication des conflits armés et des dépenses militaires record.
Lors du segment de haut niveau organisé sur trois jours, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé un appel pressant à la restauration de la confiance internationale. Il a rappelé que les mécanismes de contrôle des armements nucléaires ont démontré leur efficacité en réduisant les arsenaux et en évitant des catastrophes majeures.
Dans ce climat qualifié de « très perturbé », la question du désarmement redevient centrale pour la communauté internationale.
Une présidence axée sur l’écoute et l’inclusivité
Face aux blocages qui freinent depuis des années la capacité normative de la Conférence, le Maroc entend privilégier une méthode fondée sur l’écoute et la participation active de tous les États membres.
L’objectif affiché : redynamiser les travaux, favoriser des échanges constructifs et encourager des initiatives susceptibles de restaurer la crédibilité de cette enceinte multilatérale.
« Malgré les obstacles, le Maroc est là », a assuré le président de la Conférence, exprimant sa confiance dans la possibilité de réactiver un dialogue productif.
Le désarmement nucléaire, une priorité réaffirmée
Dans une intervention prononcée en son nom par l’ambassadeur Zniber, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a souligné l’urgence d’un engagement renouvelé en faveur du désarmement nucléaire.
Il a rappelé que la mise en œuvre pleine et effective du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) demeure un pilier essentiel du régime international de non-prolifération, qualifiant le désarmement nucléaire d’exigence à la fois politique et morale.
Une diplomatie de constance et de responsabilité
En assumant cette présidence, le Maroc confirme son positionnement comme acteur engagé au service du multilatéralisme et de la sécurité collective.
Au-delà de la portée symbolique, cette responsabilité reflète une volonté de contribuer activement à la recherche de solutions concertées face aux défis globaux.
Dans un monde fragmenté, où la défiance tend à s’installer entre puissances, la relance d’un dialogue crédible sur le désarmement constitue un signal fort : celui d’une diplomatie qui mise sur la coopération plutôt que sur l’escalade.
La présidence marocaine de la Conférence du désarmement ne résoudra pas à elle seule les tensions mondiales. Mais elle offre une opportunité de réactiver des mécanismes essentiels à la stabilité internationale et de rappeler que le multilatéralisme reste, malgré ses lenteurs, un levier indispensable pour construire un avenir plus sûr.




