Système bancaire marocain : des indicateurs au vert au premier semestre 2025

El azhar Bennouna Sanaa24 février 2026Dernière mise à jour :
Système bancaire marocain : des indicateurs au vert au premier semestre 2025

Le secteur bancaire marocain confirme sa solidité. Selon le dernier tableau de bord publié par Bank Al-Maghrib, les six premiers mois de 2025 ont été marqués par une progression soutenue de l’activité, une rentabilité en nette amélioration et une maîtrise globale des risques.

Dans un contexte économique encore exposé aux fluctuations internationales, les fondamentaux du secteur demeurent robustes, portés par la hausse des dépôts, la consolidation des marges et la diversification de l’offre.


Banques : croissance du bilan et rentabilité renforcée

À fin juin 2025, le total bilan des banques s’élève à 1.930 milliards de dirhams, en hausse de 6,9 % sur un an. Les dépôts clientèle progressent plus rapidement encore, atteignant 1.314 milliards de dirhams (+9,6 %).

La concentration du secteur reste stable : les trois premières banques détiennent 61,9 % du total actif. En revanche, leur part dans les dépôts recule légèrement, signe d’une concurrence plus dynamique.

Côté risques, les créances en souffrance brutes atteignent 102,6 milliards de dirhams, en hausse de 6,9 %. Le taux correspondant s’établit à 8,8 %, contre 8,6 % un an plus tôt. Le taux de couverture par les provisions demeure confortable à 68 %.

 Des performances financières en nette progression

Les résultats financiers traduisent une amélioration notable :

  • Produit net bancaire (PNB) : 41,2 milliards de dirhams (+16,2 %)

  • Résultat brut d’exploitation : 26,3 milliards (+20,9 %)

  • Résultat net : 13,5 milliards (+24,1 %)

Le coefficient d’exploitation s’améliore sensiblement, revenant à 35,1 % contre 39 % un an auparavant. La marge globale d’intermédiation progresse à 3,86 %, soutenue par un rendement moyen des emplois en hausse (5,15 %) et un coût des ressources en baisse (1,29 %).

Les indicateurs de rentabilité suivent la même tendance :

  • ROA (rentabilité des actifs) : 1,4 %

  • ROE (rentabilité des fonds propres) : 16 %

Ces chiffres confirment la capacité du secteur à consolider ses marges tout en préservant sa solvabilité.


 Financements participatifs : la Mourabaha immobilière en tête

Le segment participatif poursuit sa montée en puissance. L’encours global des financements Mourabaha atteint 37,7 milliards de dirhams, en hausse de 23,3 %.

La Mourabaha immobilière domine largement le marché avec 30,5 milliards de dirhams, suivie de la Mourabaha équipement (5 milliards) et automobile (2,2 milliards).

Le financement Salam enregistre une progression remarquable, passant de 200 à 500 millions de dirhams en un an (+94,8 %).

Les dépôts des banques et fenêtres participatives atteignent 16,17 milliards de dirhams, dont l’essentiel en dépôts à vue.


 Sociétés de financement : dynamique soutenue

Les sociétés de financement affichent également des agrégats en hausse :

  • Total bilan : 159 milliards de dirhams (+14 %)

  • Crédit à la consommation : 90,3 milliards (+18,9 %)

  • Leasing : 58,9 milliards (+7,4 %)

Le taux de créances en souffrance s’améliore, reculant à 12,1 %. La rentabilité progresse :

  • PNB : 3,8 milliards (+17,3 %)

  • Résultat brut d’exploitation : 2,2 milliards (+18,1 %)

  • Résultat net : 900 millions (+3,5 %)


 Banques offshore et microcrédit : évolutions contrastées

Les banques offshore voient leurs fonds propres progresser à 1,28 milliard de dirhams (+7,6 %) et leur total bilan atteindre 43,4 milliards (+7,2 %). En revanche, les dépôts clientèle reculent légèrement.

Du côté des associations de microcrédit, le total bilan atteint 11,5 milliards de dirhams (+12,5 %). L’encours de crédits progresse à 10,3 milliards (+11,8 %), tandis que le taux de créances en souffrance diminue sensiblement à 5,9 %. Le résultat net, toutefois, se contracte sur la période.


Une résilience confirmée

Au terme du premier semestre 2025, le système bancaire marocain affiche une trajectoire globalement positive. Croissance de l’activité, amélioration des marges, progression de la rentabilité et maîtrise relative des risques composent un tableau rassurant.

Si certains indicateurs appellent à la vigilance — notamment l’évolution des créances en souffrance — l’ensemble du secteur démontre sa capacité d’adaptation et sa solidité structurelle.

Un signal important pour l’économie nationale, dont le financement repose en grande partie sur la stabilité et la performance du système bancaire.

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