Maroc-Espagne : un axe énergétique renforcé sous le prisme des tensions internationale

El azhar Bennouna Sanaa26 mars 2026Dernière mise à jour :
Maroc-Espagne : un axe énergétique renforcé sous le prisme des tensions internationale

Une relation bilatérale en pleine mutation

La récente montée des tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, remet l’énergie au cœur des équilibres mondiaux. Pour le Maroc et l’Espagne, partenaires historiques dans le domaine énergétique, cette situation souligne l’importance d’une coopération stratégique et flexible.

Selon la ministre marocaine de la Transition énergétique, Leila Benali, les flux d’électricité et de gaz circulent désormais dans les deux sens entre les deux pays. Cette dynamique marque un tournant : là où les échanges étaient historiquement unidirectionnels, du nord vers le sud, le Maroc devient aujourd’hui à la fois consommateur et partenaire actif dans la régulation des flux énergétiques.


Des échanges renforcés : gaz et électricité en bidirectionnel

Les interconnexions électriques entre l’Espagne et le Maroc, opérationnelles depuis la fin des années 1990 et portées à 1.400 mégawatts, permettent de couvrir jusqu’à 15 % de la demande marocaine à certaines périodes, soit environ 5 TWh par an.

Côté gaz, l’inversion du flux du gazoduc Maghreb-Europe offre au Maroc un accès direct aux ressources ibériques, consolidant la sécurité énergétique nationale. En 2025, les exportations de gaz espagnol vers le Maroc ont dépassé 10.300 GWh, avec des flux mensuels stables autour de 800 à 1.000 GWh. Les importations marocaines d’électricité ont quant à elles atteint 3.750 GWh, soulignant la complémentarité mais aussi la dépendance à certains moments clés du système.


Ormuz : un choc des prix plutôt que des volumes

La crise dans le Golfe agit avant tout sur les prix de l’énergie plutôt que sur l’approvisionnement effectif du Maroc. La vulnérabilité n’est donc pas liée à la quantité disponible, mais au coût de l’énergie importée et aux impacts sur le marché régional. Dans ce contexte, la solidité des infrastructures bilatérales devient un atout stratégique, capable d’absorber les fluctuations et de sécuriser la fourniture pour les deux nations.


Un baromètre régional de résilience énergétique

Cette relation entre Rabat et Madrid illustre la capacité des systèmes énergétiques régionaux à résister aux chocs extérieurs. L’axe Maroc-Espagne fonctionne aujourd’hui comme un baromètre discret mais efficace de la résilience méditerranéenne face aux crises internationales. Il traduit à la fois la maturité des infrastructures et la volonté politique de coopérer dans un environnement global incertain.

Alors que le Maroc continue de développer ses énergies renouvelables et ses capacités d’interconnexion, cette coopération bilatérale offre un exemple de gestion proactive des risques énergétiques et de mutualisation des ressources.

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