Du 4 au 7 juin 2026, Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde revient habiter les lieux emblématiques de Fès avec une proposition artistique resserrée mais intensifiée. Cette 29e édition, placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, choisit de mettre en lumière une figure discrète mais fondatrice : celle des Mâalemines, artisans de la matière et passeurs d’âme.
Les Mâalemines, gardiens silencieux d’un patrimoine vivant
Derrière chaque motif sculpté, chaque note transmise ou chaque geste répété, il y a une mémoire. Celle que portent les Mâalemines, ces maîtres artisans qui façonnent, depuis des générations, l’identité culturelle marocaine.
En les plaçant au cœur de sa programmation, le Festival ne se contente pas de rendre hommage : il interroge.
Comment préserver un savoir-faire dans un monde qui accélère ? Comment transmettre sans figer ?
Ici, l’artisan devient symbole — à la fois créateur, héritier et médiateur entre tradition et modernité.
Une programmation dense, pensée comme une expérience
Sur quatre jours, le Festival propose 18 spectacles réunissant plus de 160 artistes, dans une scénographie répartie à travers plusieurs sites emblématiques de la ville.
Le coup d’envoi sera donné à Bab Makina avec « Anima Ex Materia — Du ciel à la Terre », une création qui célèbre la transformation de la matière en émotion, du geste en œuvre.
Parmi les nouveautés marquantes :
- l’introduction de spectacles en matinée, pour élargir les temporalités du festival
- une expérience plus immersive, invitant le public à vivre la musique autrement
Ce format condensé donne au Festival une intensité nouvelle, presque introspective.
Dialogue des cultures et diplomatie artistique
Au fil des années, le Festival s’est imposé comme un espace rare de dialogue entre spiritualités. Cette édition confirme cette vocation.
Dans un contexte marqué par les 70 ans de relations entre le Maroc et l’Allemagne, une création originale signée Kat Frankie réunira des voix venues de plusieurs horizons — du Liban à l’Inde, en passant par le Maroc et le Haut-Atlas.
Une rencontre artistique qui dépasse la scène pour devenir langage commun.
La récente distinction du prix « Mercurio Alato » vient d’ailleurs consacrer ce rôle du Festival comme acteur de diplomatie culturelle.
Au-delà de la musique : transmettre, comprendre, valoriser
Le Festival ne se limite pas à une programmation artistique. Il s’affirme aussi comme un espace de réflexion et de transmission.
Parmi les initiatives :
- le lancement du prix « Le Souffle de la main », dédié aux jeunes talents des métiers créatifs
- un Forum explorant les liens entre sciences et arts traditionnels
- des expositions immersives autour des gestes, des matières et des formes
Ici, l’artisan n’est plus seulement créateur : il devient pont entre le visible et l’invisible.
Une vision culturelle tournée vers l’avenir
En mettant en avant les Mâalemines, cette 29e édition propose bien plus qu’un hommage : elle esquisse une vision.
Dans un monde où les repères évoluent rapidement, la culture apparaît comme un ancrage.
Non pas figé, mais vivant. Non pas nostalgique, mais en mouvement.
Le Festival de Fès rappelle que la modernité peut dialoguer avec l’héritage, que la création peut naître de la mémoire.
Et que, parfois, les réponses les plus actuelles se trouvent dans les gestes les plus anciens.
Fès, une voix qui traverse le temps
Une fois encore, Fès s’apprête à devenir le théâtre d’une rencontre rare : celle des cultures, des sons, des mains et des âmes.
Une ville qui ne se contente pas d’accueillir un festival, mais qui le porte, comme une respiration.
Comme une promesse aussi : celle d’un monde où la beauté, la transmission et le dialogue restent essentiels.




