Un signal de reprise après deux mois marqués par le ralentissement de l’activité
Le secteur du bâtiment et des travaux publics montre de premiers signes de redressement. En mars 2026, les livraisons de ciment, considérées comme l’un des principaux indicateurs de l’activité de construction, ont progressé de 2,5%, selon les dernières données publiées par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).
Cette reprise intervient après un début d’année plus difficile, marqué par un ralentissement sensible des ventes en janvier et février, sous l’effet combiné de conditions climatiques exceptionnelles et du calendrier du mois de Ramadan.
Même si le premier trimestre reste globalement en recul, ce rebond de mars apporte un signal encourageant pour l’ensemble de la filière BTP.
Des précipitations exceptionnelles et le Ramadan ont freiné le rythme du secteur
La DEPF explique cette situation par deux facteurs majeurs.
D’abord, les fortes précipitations enregistrées durant les mois de janvier et février 2026 ont fortement perturbé les chantiers, ralentissant les travaux sur plusieurs segments de la construction, notamment dans le gros œuvre et les infrastructures extérieures.
Ensuite, le déroulement du mois de Ramadan entre le 19 février et le 19 mars a également contribué à modérer le rythme de l’activité, comme cela se produit traditionnellement dans plusieurs branches du BTP.
Ces deux éléments ont temporairement pesé sur la demande en ciment, avant un retour progressif à la normale observé en mars.
Une hausse de 2,5% après une forte baisse l’an dernier
La progression enregistrée en mars prend encore plus de sens lorsqu’on la compare à la même période de l’année précédente.
En mars 2025, les ventes de ciment avaient reculé de 12,8%, illustrant déjà un contexte de tension sur le secteur. Le rebond actuel apparaît donc comme une correction positive et un retour progressif vers une dynamique plus stable.
Le ciment reste un excellent thermomètre de la santé du BTP, car il reflète directement le niveau réel des chantiers résidentiels, industriels et publics.
Sa reprise est souvent observée comme un indicateur avancé de confiance économique.
Un premier trimestre encore marqué par le repli
Malgré cette amélioration en mars, le bilan du premier trimestre 2026 reste négatif.
À fin mars, les ventes de ciment affichent un recul cumulé de 10,9%, alors qu’elles avaient progressé de 4,5% sur la même période en 2025.
Ce contraste montre que la reprise reste fragile et que l’activité doit encore retrouver un rythme plus soutenu pour compenser le ralentissement des premiers mois.
Le secteur reste particulièrement sensible aux facteurs exogènes : climat, coût des matériaux, dynamique de l’investissement public et privé, ainsi que l’évolution du marché immobilier.
Le BTP avait pourtant consolidé sa croissance en 2025
La note de conjoncture rappelle néanmoins que le secteur du BTP a connu une consolidation notable en 2025.
La valeur ajoutée du secteur a progressé en moyenne de 5,9%, après une hausse de 4,9% l’année précédente.
Cette performance s’est construite de manière relativement homogène sur l’ensemble de l’année :
- +6,3% au premier trimestre
- +6,7% au deuxième trimestre
- +5,6% au troisième trimestre
- +4,9% au quatrième trimestre
Ces chiffres traduisent une dynamique structurelle positive, soutenue par les investissements publics, les projets d’infrastructures et les programmes liés à l’habitat et à l’aménagement urbain.
Un secteur stratégique sous haute surveillance
Le BTP demeure l’un des piliers majeurs de l’économie marocaine. Il génère des milliers d’emplois directs et indirects et joue un rôle central dans la dynamique d’investissement national.
Toute variation dans les ventes de ciment est donc observée avec attention, tant par les professionnels que par les décideurs économiques.
Le rebond de mars 2026 ne constitue pas encore une relance complète, mais il envoie un signal positif : celui d’un secteur capable de retrouver sa trajectoire malgré les ralentissements ponctuels.
Entre prudence et perspectives de reprise
L’évolution des prochains mois sera déterminante pour confirmer cette reprise.
Si les conditions climatiques se stabilisent, que les projets d’investissement se maintiennent et que la demande immobilière reprend progressivement, le secteur pourrait retrouver une croissance plus soutenue dès le deuxième trimestre.
Le ciment, discret mais essentiel, continue ainsi de raconter l’état réel de l’économie productive.
Et en mars 2026, il semble annoncer un retour progressif du mouvement.




