Le Forum national du commerce trace la feuille de route d’un secteur en pleine transformation
Le Maroc accélère la modernisation de son commerce intérieur. En marge du Forum national du commerce, deux protocoles d’accord majeurs ont été signés pour renforcer l’emploi, la formation professionnelle et la digitalisation du secteur, traduisant une mobilisation collective autour d’un objectif clair : faire du commerce un levier plus compétitif, inclusif et durable de l’économie nationale.
À travers ces partenariats, le Royaume confirme sa volonté d’accompagner la transformation du retail, du commerce de proximité et des circuits traditionnels face aux mutations profondes des habitudes de consommation, des technologies et des exigences du marché.
Cette dynamique s’inscrit dans la feuille de route nationale dédiée au commerce, structurée autour de plusieurs priorités stratégiques allant de la protection sociale à l’optimisation logistique.
Un partenariat pour structurer l’emploi dans le retail
Le premier protocole d’accord a été signé entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’ANAPEC et One Retail. Son ambition est claire : accompagner le développement du retail au Maroc en favorisant un emploi plus structuré, durable et mieux adapté aux besoins réels du terrain.
Dans un secteur où l’informel reste encore très présent, cette orientation vise à professionnaliser davantage les métiers du commerce et à renforcer leur attractivité, notamment auprès des jeunes.
Le partenariat prévoit également le déploiement de dispositifs de formation ciblés, conçus en lien direct avec les attentes du marché.
L’objectif est de mieux préparer les profils aux réalités du commerce moderne : gestion des points de vente, relation client, logistique, commerce digital et management opérationnel.
Former mieux pour employer durablement.
Digitalisation et inclusion financière : cap sur 100.000 commerçants
Le second protocole repose sur un enjeu devenu incontournable : la transition numérique.
Signé avec Al Barid Bank, Barid Cash et une startup marocaine, cet accord vise à accélérer la digitalisation des commerçants de proximité ainsi que leur inclusion financière.
Concrètement, il s’agit de faciliter l’adoption de solutions de paiement électronique, d’outils digitaux de gestion et de nouveaux services financiers adaptés aux besoins des petits commerçants.
L’objectif affiché est ambitieux : accompagner 100.000 commerçants dans cette transition.
Cette démarche répond à une réalité simple : la compétitivité du commerce moderne passe aussi par l’accès aux outils numériques, à la traçabilité et à des solutions de gestion plus efficaces.
La digitalisation n’est plus un luxe réservé aux grandes enseignes. Elle devient une nécessité pour l’ensemble du tissu commercial.
1.200 recommandations pour dessiner le commerce de 2030
Les travaux du Forum national du commerce, organisé sous le thème « Commerce du Maroc 2030 », ont permis de formuler 1.200 recommandations structurées autour de 11 axes prioritaires.
Ces propositions ont été pensées en tenant compte des réalités territoriales, des contraintes opérationnelles et des attentes des professionnels du secteur.
Parmi les priorités identifiées figurent :
- le renforcement du commerce électronique et de la digitalisation
- l’accélération de l’inclusion financière
- la modernisation du cadre juridique et réglementaire
- l’organisation territoriale des activités commerciales
- la mise à niveau des plateformes commerciales
- le développement des compétences et des services sociaux
- la modernisation du commerce rural
- l’amélioration de la logistique et des chaînes d’approvisionnement courtes
- la promotion du label « Made in Morocco »
- la structuration des marques commerciales
- le développement du système de franchise
Ces recommandations dessinent une vision ambitieuse : un commerce plus organisé, plus connecté et mieux intégré aux enjeux de souveraineté économique.
Un pilier économique majeur de l’économie nationale
Le poids du commerce dans l’économie marocaine confirme l’importance de cette transformation.
En 2024, le secteur a contribué à hauteur de 169 milliards de dirhams au produit intérieur brut, soit près de 10,6 % du PIB national.
Il représente également l’un des plus grands réservoirs d’emploi du pays avec plus de 1,6 million de postes.
Ces chiffres rappellent que moderniser le commerce ne relève pas uniquement d’une logique sectorielle, mais d’un enjeu macroéconomique majeur.
Le commerce structure la vie quotidienne, soutient la production nationale et influence directement la dynamique des territoires.
Une feuille de route pour un commerce plus inclusif
Le Maroc entend désormais consolider cette dynamique à travers une feuille de route intégrée articulée autour de quatre axes majeurs :
- la protection sociale
- la digitalisation
- l’inclusion financière
- la modernisation inclusive du commerce et l’optimisation des chaînes d’approvisionnement
Cette approche traduit une volonté claire : accompagner la transformation sans exclure, moderniser sans fragiliser et intégrer les petits commerçants dans la dynamique nationale.
Le défi n’est pas seulement économique. Il est aussi social et territorial.
Moderniser sans perdre l’essentiel
Le commerce marocain entre dans une nouvelle phase. Entre innovation technologique, structuration de l’emploi et montée en compétence des acteurs, le secteur se repositionne comme un pilier stratégique du développement national.
Mais cette transition ne réussira que si elle reste proche du terrain, des commerçants de quartier aux grandes enseignes, des centres urbains aux zones rurales.
Car moderniser le commerce, ce n’est pas simplement changer les outils.
C’est construire un modèle plus juste, plus efficace et plus durable.




