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Des documents sensibles mis en ligne pour la deuxième fois, le silence des autorités interroge
Rabat, 3 juin 2025 — Le spectre de la cyber-intrusion refait surface au Maroc. Moins d’un mois après une première fuite, une nouvelle vague de documents fonciers piratés a été publiée en ligne ce mardi. Ces données, qui incluraient selon plusieurs sources des extraits cadastraux, des titres de propriété et des informations personnelles de citoyens et d’acteurs économiques, soulèvent de vives inquiétudes quant à la sécurité des systèmes d’information publics
Les documents, diffusés via des canaux numériques anonymes, n’ont à ce stade fait l’objet d’aucune vérification officielle. Pourtant, plusieurs analystes cybersécurité ayant consulté les fichiers évoquent une fuite massive, ciblant vraisemblablement une ou plusieurs bases de données administratives sensibles. Certains indices laissent penser à une brèche dans les serveurs d’un établissement foncier national, sans que cela n’ait été confirmé
Le plus inquiétant reste le silence des autorités. À l’heure où les enjeux de souveraineté numérique s’imposent comme prioritaires, ni le ministère de l’Intérieur, ni l’Agence nationale de la conservation foncière n’ont encore communiqué publiquement sur l’ampleur de la fuite, ni sur les mesures prises pour y remédier. Un mutisme qui alimente la spéculation et l’inquiétude au sein de l’opinion publique
« Nous sommes face à une faille de sécurité aux conséquences potentiellement graves, notamment pour les droits fonciers des citoyens et la confidentialité des transactions immobilières », confie un juriste spécialisé dans le droit du numérique. Les risques d’usurpation d’identité, de falsification de titres ou encore de litiges fonciers pourraient se multiplier si ces données sont exploitées de manière malveillante
Cette affaire intervient dans un contexte où le Maroc poursuit sa transformation digitale, avec la numérisation progressive de ses services administratifs. Mais cette ambition s’accompagne d’un impératif devenu pressant : garantir la cybersécurité des infrastructures publiques. À défaut, c’est la confiance même des citoyens dans le système administratif qui pourrait vaciller
En attendant des clarifications officielles, la fuite de ce 3 juin sonne comme un rappel brutal : la transition numérique ne peut se faire sans un rempart solide contre les menaces invisibles du cyberespace











