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Le 9 juillet 2025, la Maison-Blanche a accueilli un mini-sommet inédit réunissant cinq chefs d’État africains ceux du Sénégal, du Gabon, de la Mauritanie, du Libéria et de la Guinée-Bissau à l’initiative du président Donald Trump. Ce rendez-vous, discret mais stratégique, prépare le terrain pour un grand sommet USA-Afrique prévu en septembre, dans un contexte géopolitique marqué par l’activisme diplomatique de la Chine et de la Russie sur le continent africain
Ce sommet marque un changement radical de paradigme : exit l’ère de l’aide au développement, place à celle du commerce. « Nous passons de l’aide (A.I.D.) au commerce », a déclaré Trump, confirmant la fermeture de l’agence USAID, longtemps pilier de la politique américaine en Afrique. Cette décision a été perçue comme un choc par de nombreux pays africains, notamment le Libéria, où l’aide américaine représentait 2,6 % du revenu national brut
Trump entend désormais repositionner les États-Unis comme un partenaire économique incontournable, en particulier dans l’accès aux minerais stratégiques, aux hydrocarbures et aux opportunités technologiques. L’approche transactionnelle qui prévaut place les intérêts commerciaux au cœur de la relation bilatérale, reléguant les considérations humanitaires au second plan
Richesses naturelles et stabilité : les clés du partenariat
Les pays conviés à Washington partagent des caractéristiques communes : ressources naturelles convoitées (gaz, pétrole, minerais rares), stabilité politique relative, et une volonté affichée de diversification des partenariats. Cette diplomatie sélective vise à contenir l’influence de la Chine tout en ouvrant la voie à des coopérations bilatérales plus rentables
Une diplomatie pragmatique, mais controversée
L’administration Trump revendique également un rôle actif dans les dossiers de paix régionaux, notamment au Soudan, en Libye, et dans la crise entre le Rwanda et la RDC. Toutefois, les déclarations du président contrastent avec la persistance des conflits armés sur le terrain, soulevant des interrogations sur la sincérité et l’efficacité de cette diplomatie de façade
Un repositionnement dans le cadre des Accords d’Abraham
Le sommet s’inscrit dans une stratégie géopolitique plus vaste. Des rapprochements diplomatiques sont en cours, notamment entre Israël et la Mauritanie, dans le cadre des Accords d’Abraham. Cette dynamique favorise le développement de coopérations dans des domaines aussi divers que l’agriculture, la sécurité, les énergies renouvelables et les technologies de l’eau, calquées sur le modèle de coopération Maroc-Israël
Cette reconfiguration reflète le souhait de plusieurs États africains d’intégrer une nouvelle architecture régionale de sécurité et de développement, tout en s’émancipant des tutelles classiques











