Agriculture : la Vision Royale a changé le statut et l’échelle du secteur marocain, selon la FAO

MOHAMED YAZID BENNOUNA29 juillet 2026Dernière mise à jour :
Agriculture : la Vision Royale a changé le statut et l’échelle du secteur marocain, selon la FAO

L’agriculture marocaine a profondément évolué au cours des dernières années, passant d’un secteur principalement tourné vers la satisfaction des besoins alimentaires à un véritable levier stratégique de développement économique, social et territorial, a affirmé le Représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Maroc, Alexandre Anh Tai Huynh.

Dans un entretien accordé à la MAP à l’occasion de la Fête du Trône, M. Huynh a souligné que cette transformation s’inscrit dans la Vision Royale portée depuis l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Trône.

Selon lui, l’agriculture marocaine est désormais pensée comme un projet de long terme, structuré autour de stratégies successives, de mécanismes de financement et d’un dispositif de gouvernance permettant d’assurer un suivi durable des politiques publiques.

Du Plan Maroc Vert à Génération Green

Le Représentant de la FAO a notamment cité le Plan Maroc Vert, lancé en 2008, puis la stratégie Génération Green 2020-2030, qui ont permis de donner au secteur une trajectoire claire et durable.

Cette continuité constitue, à ses yeux, l’une des principales forces du modèle marocain. Deux stratégies agricoles successives ont ainsi été articulées autour d’objectifs cohérents, avec une continuité institutionnelle et une gouvernance permettant d’inscrire les réformes dans la durée.

M. Huynh estime également que cette évolution ne se résume pas aux indicateurs économiques et agricoles. Elle se traduit concrètement par l’émergence de nouveaux profils au sein du monde rural, notamment des femmes engagées dans les coopératives, des jeunes qui choisissent de revenir vers l’agriculture ainsi que des ingénieurs et techniciens formés au Maroc et mobilisés au service du développement du secteur.

Une agriculture attentive aux différents profils d’exploitations

Autre particularité mise en avant par le représentant de la FAO : la capacité du modèle marocain à prendre en compte les différentes composantes de l’agriculture nationale.

D’un côté, les grandes exploitations orientées vers les marchés et, de l’autre, les petites exploitations familiales profondément ancrées dans les territoires ruraux.

Le Pilier II du Plan Maroc Vert, puis les orientations de Génération Green consacrées notamment à l’émergence d’une classe moyenne agricole, illustrent cette volonté d’intégrer les différents acteurs du monde rural dans la dynamique de transformation du secteur.

Cette politique s’accompagne également d’une reconnaissance internationale du patrimoine agricole marocain. Plusieurs sites du Royaume ont ainsi été distingués au titre des Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial, mettant en valeur des pratiques, des savoir-faire et des systèmes agricoles transmis à travers les générations.

Le Maroc, un acteur de la coopération agricole africaine

Au-delà de ses avancées nationales, le Maroc occupe également une place croissante dans la coopération agricole à l’échelle africaine.

Alexandre Anh Tai Huynh a notamment rappelé l’Initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine, lancée lors de la COP22 à Marrakech en 2016, qui illustre l’ambition du Royaume de contribuer aux réponses africaines face aux défis climatiques et agricoles.

Cette dynamique a également transformé la nature du partenariat entre le Maroc et la FAO. Le Royaume n’est plus uniquement un bénéficiaire de programmes de coopération, mais devient également un pays dont l’expérience, les institutions spécialisées et l’expertise technique peuvent être mises au service d’autres pays.

Dans ce cadre, la FAO entend jouer un rôle de facilitateur de la coopération triangulaire, en favorisant un partenariat dans lequel le Maroc peut être à la fois contributeur et bénéficiaire.

Les femmes et les jeunes au cœur de la transformation

Pour le représentant de la FAO, la réussite durable de cette transformation passe enfin par l’investissement dans le capital humain.

La reconnaissance du rôle des femmes rurales, l’accompagnement des jeunes souhaitant se lancer dans l’agriculture et le renforcement des coopératives constituent, selon lui, des leviers essentiels pour inscrire les mutations du secteur dans la durée.

À travers cette évolution, l’agriculture marocaine apparaît ainsi comme un secteur en pleine transformation, à la fois moteur du développement rural, vecteur d’innovation et acteur de la coopération Sud-Sud.

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