Migration à Sebta : la Ligue des droits des femmes alerte sur une « catastrophe humanitaire »

MOHAMED YAZID BENNOUNA1 août 2026Dernière mise à jour :
Migration à Sebta : la Ligue des droits des femmes alerte sur une « catastrophe humanitaire »

La Fédération de la Ligue des droits des femmes a qualifié les récents événements migratoires survenus à Sebta de « catastrophe humanitaire », en raison du nombre de victimes et de la présence parmi les migrants de femmes, de jeunes filles, de mineurs et de familles entières.

Dans des déclarations à Hespress, l’organisation estime que cette situation exige une réponse fondée avant tout sur les principes humanitaires et les droits humains, tout en mettant en évidence les profondes fractures sociales qui dépassent la seule dimension sécuritaire du phénomène.

Sa présidente, Samira Mouhiya, considère que l’élargissement du profil des candidats à la migration irrégulière traduit une vulnérabilité sociale croissante, touchant désormais de larges catégories de la population. Selon elle, il est essentiel de s’interroger sur les causes profondes qui poussent des femmes, des jeunes et des familles à risquer leur vie pour tenter de rejoindre l’Europe.

La responsable associative appelle à une évaluation des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la santé, estimant que ces secteurs jouent un rôle déterminant dans la confiance des citoyens et leurs perspectives d’avenir.

Elle souligne que la lutte contre la migration irrégulière ne peut se limiter à des réponses ponctuelles, mais doit s’appuyer sur des politiques publiques durables, capables d’offrir de véritables opportunités aux jeunes et aux femmes à travers l’accès à la formation, à l’emploi et à la protection sociale.

La Fédération indique également réfléchir à la création d’une cellule de veille en partenariat avec des associations de défense des droits humains dans le nord du Maroc, afin de mieux suivre l’évolution de la situation, malgré des moyens humains et matériels limités.

Enfin, Samira Mouhiya rappelle que la société civile continuera à documenter les violations, formuler des propositions et alimenter le débat public, tout en soulignant que la garantie des droits fondamentaux relève avant tout de la responsabilité de l’État. Selon elle, le temps est désormais à l’action, avec des politiques efficaces capables de traiter les causes profondes de la crise plutôt que ses seules conséquences.

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