Alzheimer : des chercheurs de l’Université de New York ouvrent la voie à un dépistage précoce grâce à une simple prise de sang

MOHAMED YAZID BENNOUNA7 août 2026Dernière mise à jour :
Alzheimer : des chercheurs de l’Université de New York ouvrent la voie à un dépistage précoce grâce à une simple prise de sang

Une équipe de chercheurs de l’Université de New York (NYU), dirigée par les professeurs Allal Boutajangout et Thomas Wisniewski, a franchi une étape majeure dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Leurs travaux démontrent qu’un simple test sanguin pourrait permettre de détecter les premiers signes de la maladie jusqu’à dix ans avant l’apparition des symptômes cliniques.

Dans un entretien accordé à la MAP, le professeur Allal Boutajangout, neurologue, spécialiste en neurosciences et co-directeur du Centre de neurologie cognitive et de la plateforme des biomarqueurs de la NYU, explique que cette méthode repose sur l’analyse de plusieurs biomarqueurs présents dans le sang, notamment les protéines bêta-amyloïde et tau, ainsi que différents marqueurs liés aux processus inflammatoires.

Une détection plusieurs années avant les premiers symptômes

L’étude a porté sur trois catégories de participants : des personnes ne présentant aucun trouble cognitif, des patients souffrant d’un déclin cognitif subjectif – caractérisé par des plaintes de mémoire sans anomalies détectables lors des examens cliniques – et des personnes atteintes d’une déficience cognitive légère.

Les chercheurs ont observé une forte corrélation entre les biomarqueurs sanguins et les dépôts cérébraux de protéines amyloïdes et tau mis en évidence par tomographie par émission de positons (PET scan). Ces analyses permettent également d’identifier avec précision les différentes phases d’évolution de la maladie.

Selon le professeur Boutajangout, ces biomarqueurs sont capables de révéler les mécanismes pathologiques de la maladie huit à dix ans avant l’apparition d’une démence cliniquement manifeste, alors même que les lésions cérébrales sont déjà en cours de développement mais restent invisibles avec les méthodes diagnostiques classiques.

Vers une médecine préventive plus efficace

Pour le scientifique marocain, cette capacité de détection précoce ouvre la voie à une véritable médecine préventive et personnalisée.

L’intégration de ces analyses sanguines dans les programmes de dépistage permettrait d’identifier rapidement les personnes à risque, d’administrer les traitements actuellement disponibles au moment le plus opportun et de ralentir l’évolution des symptômes. Ces biomarqueurs offriraient également un outil fiable pour assurer le suivi régulier des patients et évaluer l’efficacité des traitements.

Une approche étendue à d’autres maladies neurologiques

Les recherches menées par les équipes des professeurs Boutajangout et Wisniewski ne se limitent pas à la maladie d’Alzheimer. Elles portent également sur l’identification de biomarqueurs pour plusieurs autres pathologies neurologiques, notamment la maladie de Parkinson, la démence fronto-temporale, les traumatismes crâniens, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), l’autisme ainsi que la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

Un examen plus simple, moins coûteux et plus accessible

Au-delà de son intérêt médical, cette nouvelle stratégie présente un avantage économique important. Contrairement au PET scan ou à la ponction lombaire, des examens coûteux, invasifs et difficilement accessibles à grande échelle, le test sanguin est rapide, peu invasif et nettement moins onéreux.

Selon le professeur Boutajangout, il pourrait devenir un examen de première intention dans le dépistage des maladies neurodégénératives, les investigations plus complexes étant réservées aux cas nécessitant une confirmation diagnostique.

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