Les étudiants marocains souhaitant poursuivre leurs études au Canada devront désormais préparer avec davantage de rigueur leur dossier financier. Les autorités canadiennes ont renforcé les vérifications liées aux ressources présentées par les candidats à un permis d’études, avec une attention particulière portée à l’origine et à la disponibilité réelle des fonds.
Depuis le 24 juillet 2026, les nouvelles instructions d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) prévoient notamment la présentation de relevés bancaires couvrant une période de six mois, contre quatre auparavant. Les agents peuvent également demander des documents supplémentaires afin de vérifier la provenance des sommes disponibles et la capacité du demandeur à financer son séjour.
L’origine des fonds davantage surveillée
Le montant affiché sur un compte bancaire ne constitue plus, à lui seul, un élément suffisant. Les autorités canadiennes peuvent examiner l’historique du compte, les mouvements financiers récents ainsi que la situation de la personne qui prend en charge les études.
Un dépôt important effectué peu avant le dépôt de la demande peut notamment susciter des questions. Le candidat devra alors être en mesure d’expliquer clairement l’origine de cet argent et de fournir les justificatifs nécessaires.
Lorsque les études sont financées par les parents, leurs revenus, leur situation professionnelle et leur capacité à prendre en charge les dépenses annoncées peuvent également être examinés.
Parmi les documents pouvant servir à démontrer les ressources figurent notamment les relevés bancaires, les preuves de paiement des frais de scolarité ou de logement, les certificats de placement garanti, les prêts étudiants et les lettres de prise en charge accompagnées de justificatifs financiers. Les revenus locatifs, les pensions ou les bourses peuvent également être pris en compte lorsqu’ils sont correctement documentés.
22.895 dollars canadiens pour les frais de subsistance
Pour un étudiant seul souhaitant étudier dans une province ou un territoire autre que le Québec, le montant minimal à prévoir pour les frais de subsistance s’élève actuellement à 22.895 dollars canadiens par an.
Ce montant ne couvre toutefois ni les frais de scolarité de la première année ni les frais de transport vers et depuis le Canada. Le budget à démontrer dépend donc également du coût de la formation choisie.
À titre d’exemple, un étudiant dont les frais de scolarité atteignent 20.000 dollars canadiens devra pouvoir justifier cette somme, en plus des 22.895 dollars destinés à couvrir ses dépenses courantes et du coût de son voyage.
Les exigences augmentent lorsque le demandeur est accompagné. Elles atteignent 28.502 dollars pour deux personnes, 35.040 dollars pour trois et 42.543 dollars pour quatre personnes. Des montants supplémentaires sont prévus pour les familles plus nombreuses.
Le Québec applique, de son côté, son propre barème financier pour les étudiants étrangers.
Pas besoin de financer tout le cursus dès le départ
Les candidats inscrits dans une formation de plusieurs années ne sont pas obligés de disposer immédiatement de la totalité des sommes nécessaires jusqu’à la fin de leurs études.
Ils doivent cependant démontrer qu’ils peuvent financer leur première année et présenter un plan crédible pour les années suivantes. Des revenus réguliers des parents, une bourse pluriannuelle ou d’autres sources de financement peuvent notamment permettre d’établir cette capacité.
Un dossier financier insuffisant peut entraîner un refus
Le renforcement des contrôles signifie qu’un compte bancaire affichant le montant minimal requis ne garantit pas automatiquement l’obtention du permis d’études.
Les agents canadiens doivent être convaincus que les fonds sont réellement disponibles, accessibles au candidat et suffisants pour couvrir ses études et ses dépenses au Canada.
En cas de doute, des informations ou justificatifs supplémentaires peuvent être demandés. Si le candidat ne parvient pas à démontrer une capacité financière suffisante, sa demande peut être refusée.
Pour les étudiants marocains, cette évolution rend donc particulièrement importante la préparation d’un dossier financier transparent, cohérent et documenté, notamment lorsque les fonds proviennent d’un parent ou d’un tiers.
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