La Colombie-Britannique fait face à une nouvelle vague d’incendies de forêt particulièrement destructeurs. Dans la région de l’Okanagan, le feu de Bald Range s’est propagé à une vitesse fulgurante depuis vendredi, contraignant des milliers de personnes à fuir leurs habitations et laissant derrière lui d’importantes zones totalement dévastées.
À Peachland, une ville située au bord du lac Okanagan, Earl Kurz observe avec difficulté les conséquences de l’incendie. Installé dans la région depuis trois décennies, il explique avoir pris l’habitude de voir les feux de forêt menacer sa communauté au cours des dernières années. Mais cette fois, lui et son épouse ont été contraints d’évacuer.
Le Bald Range Fire a atteint en quelques heures une superficie d’environ 136 km², tandis qu’il demeurait toujours hors de contrôle lundi. Les autorités cherchent encore à déterminer précisément le nombre d’habitations détruites.
« C’est une destruction totale », témoigne Earl Kurz, décrivant des zones réduites à des étendues de cendres et de terres brûlées.
Plus de 12.000 personnes toujours évacuées
Plus de 12.000 habitants de la région restent soumis à des ordres d’évacuation. Une femme de 80 ans est également décédée alors qu’elle tentait de fuir l’incendie, selon la police.
À Summerland, située au sud de Peachland, Keegan Radomski, 18 ans, raconte avoir échappé de peu aux flammes. Elle a réussi à quitter son domicile avec les cendres de sa mère avant de voir le feu atteindre sa propriété.
Sa famille vivait depuis plusieurs décennies dans cette région habituée aux incendies et aux évacuations. Pourtant, la rapidité avec laquelle le Bald Range Fire s’est propagé les a pris de court.
Le vendredi soir, la famille avait aperçu de la fumée au loin pendant le dîner. Moins de quatre heures plus tard, elle devait quitter précipitamment les lieux alors qu’une colline située sur sa propriété commençait à brûler.
La jeune femme ignore toujours si sa maison, construite par sa grand-mère en 1996, a survécu.
Une région frappée par la sécheresse
La région de l’Okanagan, connue pour ses paysages et ses vignobles, subit depuis plusieurs années des conditions de sécheresse particulièrement préoccupantes.
En juillet, le niveau du lac Okanagan avait atteint son niveau le plus bas depuis 1992, selon l’Okanagan Basin Water Board. Cette situation contribue à assécher la végétation et à créer des conditions particulièrement favorables à la propagation rapide des incendies.
Le Bald Range Fire n’est d’ailleurs que l’un des nombreux incendies actuellement actifs en Colombie-Britannique. Plus d’une centaine étaient recensés lundi dans la province, dont environ 70 déclenchés au cours de la seule semaine précédente.
Face à l’aggravation de la situation, le Premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a déclaré l’état d’urgence et appelé la population à respecter strictement les ordres d’évacuation.
Un autre incendie avait déjà détruit des centaines de maisons
La nouvelle catastrophe intervient alors que la région se remet à peine de l’incendie de Bradley Creek, également dans l’Okanagan. Ce dernier aurait détruit plus de 200 habitations avant d’être finalement maîtrisé grâce au travail des équipes de lutte contre les incendies.
La multiplication des feux ne concerne cependant pas uniquement la Colombie-Britannique. Dans l’État américain de Washington, situé au sud de la province canadienne, les conditions de sécheresse ont également provoqué d’importants incendies, contraignant plus de 65.000 personnes à évacuer.
En Europe, l’Espagne et la France ont elles aussi été confrontées cet été à des feux particulièrement violents, sur fond de sécheresse et de températures exceptionnellement élevées.
Le changement climatique en toile de fond
Les incendies font naturellement partie de l’écosystème des vastes forêts boréales canadiennes. Toutefois, les spécialistes soulignent que le changement climatique contribue à rendre les épisodes de chaleur et de sécheresse plus fréquents et plus intenses.
Le Canada a notamment connu en 2023 sa pire saison d’incendies jamais enregistrée en termes de superficie brûlée.
Dans l’Okanagan, les habitants doivent désormais composer avec une réalité devenue de plus en plus familière : des incendies capables de parcourir de vastes territoires en quelques heures et de transformer rapidement des quartiers entiers en zones sinistrées.
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