Les réserves des barrages marocains ont reculé de plus de 1,27 milliard de m³ entre la mi-mai et le 18 août 2026, sous l’effet notamment des besoins estivaux en irrigation, en eau potable et dans les secteurs industriels, ainsi que de l’évaporation liée aux fortes chaleurs.
Selon les données de la Direction de la recherche et de la planification de l’eau, les retenues nationales s’établissaient à 11.681,67 millions de m³ au 18 août, contre 12.953 millions de m³ trois mois auparavant. Le taux de remplissage national est ainsi passé de 76 % à 68,6 %, soit une baisse de plus de sept points.
La Moulouya parmi les bassins les plus touchés
La baisse concerne l’ensemble des bassins hydrauliques, avec des écarts importants selon les régions.
La Moulouya enregistre l’un des reculs les plus marqués, avec un taux de remplissage passé de 73,7 % à 57,73 %. Ses réserves ont diminué de 517,3 à 404,97 millions de m³.
Le Tensift a également perdu plus de 12 points, passant de 95 % à 82,71 %, tandis que le Loukkos est passé de 92 % à 81,24 %. Le bassin du Guir-Ziz-Ghris recule de 51,5 % à 40,96 %.
Le Bouregreg affiche pour sa part un taux de remplissage de 80,65 %, contre 90,2 % à la mi-mai.
Le Sebou, qui constitue la première réserve hydraulique du Royaume, résiste davantage. Son taux de remplissage est passé de 88,4 % à 81,59 %, tandis que son stock s’établit à 4.381,72 millions de m³. Malgré cette baisse, le bassin a enregistré la plus importante diminution en volume, avec environ 366 millions de m³ de réserves en moins.
Les grands barrages restent globalement bien remplis
Parmi les principaux ouvrages du Royaume, Al Wahda, le plus grand réservoir national, affiche encore un taux de remplissage de 85,64 %, contre 88 % à la mi-mai, avec près de 2.956 millions de m³ stockés.
Al Massira, deuxième plus grand barrage du pays, reste à 40,61 %, contre 42 % trois mois auparavant, soit environ 1.076 millions de m³ de réserves.
Sur l’Oum Er Rbia, Bin El Ouidane est passé de 94 % à 84,18 %, tandis qu’Ahmed El Hansali s’établit à 80,61 % et Hassan Ier à 91,49 %.
Du côté du Sebou, la baisse est plus importante pour certains ouvrages. Idriss Ier est passé de 95 % à 77,60 %, soit près de 194 millions de m³ de moins. El Kansera a reculé de 91 % à 73,51 %, tandis que Sidi Mohammed Ben Abdellah affiche désormais un taux de 76,75 %.
Des bassins toujours sous pression
Les réserves restent particulièrement faibles dans certains bassins du Sud.
Le Souss-Massa affiche un taux de remplissage de 49,38 %, contre 54,7 % à la mi-mai, avec environ 357 millions de m³ disponibles. Le Draâ-Oued Noun ne dépasse pas 32,73 %, tandis que le Guir-Ziz-Ghris s’établit à 40,96 %.
Parmi les principaux ouvrages, Mansour Eddahbi affiche un taux de 38,93 %, Hassan Addakhil 55,26 %, Kadoussa 27,98 % et Sultan Moulay Ali Cherif seulement 19,46 %.
Quelques barrages font toutefois exception à la tendance générale. Hassan II, dans le bassin de la Moulouya, a légèrement progressé, passant de 57 % à 57,68 %. Le barrage Agdez a également vu son taux de remplissage augmenter, de 35 % à 38,98 %.
Des réserves toujours largement supérieures à 2025
Malgré le recul enregistré durant les mois d’été, la situation demeure nettement plus favorable que l’année précédente.
Au 18 août 2025, le taux de remplissage national n’était que de 34,49 %, contre 68,6 % actuellement. Les réserves des barrages marocains sont donc aujourd’hui près de deux fois supérieures à leur niveau de l’an dernier à la même période.
Cette marge de sécurité offre au Royaume une situation hydrique plus confortable à l’approche des prochains mois, même si la consommation estivale et les effets des fortes chaleurs continuent de peser sur les réserves.
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