L’Union européenne a rejeté les principales demandes formulées par un groupe de députés européens de gauche et écologistes concernant le Sahara occidental, choisissant de réaffirmer sa coopération avec le Maroc et son soutien au processus politique mené sous l’égide des Nations unies.
La position de Bruxelles a été précisée dans une réponse publiée le 14 août par la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, à une question écrite déposée le 13 juillet par dix eurodéputés, dont la majorité appartient au groupe de La Gauche.
Les parlementaires avaient notamment demandé l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur des attaques de drones attribuées aux Forces armées royales marocaines (FAR), ainsi qu’un réexamen des relations commerciales entre l’UE et le Maroc et la suspension de certains transferts de technologies, composants, financements ou coopérations militaires.
Bruxelles refuse l’ouverture d’une enquête
Les députés s’étaient appuyés sur des chiffres attribués au Sahrawi Mine Action Coordination Office, une structure proche du Polisario. Ils affirmaient que 129 attaques de drones auraient été menées entre 2021 et 2025, faisant plus de 310 victimes à l’est du mur de défense.
Ces accusations ont été utilisées pour réclamer une enquête internationale « indépendante et impartiale ».
Kaja Kallas n’a toutefois pas repris ces accusations à son compte et n’a annoncé aucune procédure d’enquête européenne.
Au contraire, la responsable européenne a insisté sur la nécessité d’éviter une nouvelle escalade dans le dossier du Sahara occidental.
Elle a rappelé que l’Union européenne soutient le processus politique conduit par les Nations unies, conformément à la résolution 2797 du Conseil de sécurité adoptée en 2025, et appelle les différentes parties à respecter le droit international.
L’UE maintient sa coopération avec Rabat
Sur le volet commercial, Bruxelles a également écarté l’idée d’une remise en cause des accords avec le Maroc.
Kallas a rappelé les conclusions du Conseil européen d’octobre 2024 et l’objectif de préserver et de renforcer les relations entre l’Union européenne et le Maroc dans les différents domaines de coopération.
Le commerce figure parmi les secteurs auxquels l’UE continue d’accorder une importance particulière dans son partenariat avec Rabat.
Aucune suspension des accords commerciaux ni aucun nouveau mécanisme de révision n’a donc été annoncé en réponse aux demandes des eurodéputés.
Les exportations d’armes relèvent des États membres
Concernant les demandes relatives aux équipements militaires, la Haute représentante a également rappelé les limites des compétences de Bruxelles.
Les autorisations d’exportation d’armes relèvent des législations nationales, du cadre européen applicable et du Traité sur le commerce des armes.
Chaque État membre demeure ainsi responsable de l’examen et de l’autorisation de ses propres exportations, en fonction des différents critères prévus par le droit européen et international.
L’UE n’a donc pas annoncé de mesure générale visant à interrompre les exportations militaires vers le Maroc.
Bruxelles réaffirme le cadre de l’ONU
La réponse de Kallas s’inscrit dans une ligne déjà défendue par plusieurs responsables européens.
Le représentant de l’UE au Maroc, Dimiter Tzantchev, avait notamment appelé en mai à condamner l’attaque contre Es-Smara attribuée au Polisario et insisté sur la nécessité de privilégier les négociations plutôt qu’une nouvelle confrontation.
Cette position rejoint le cadre défendu par les Nations unies, auquel Bruxelles continue de se référer pour le règlement du conflit.
Pour le Maroc, le maintien de cette orientation européenne constitue un signal important alors que Rabat cherche à consolider son soutien international à son plan d’autonomie sous souveraineté marocaine.
La réponse européenne ne signifie toutefois pas que l’ensemble des États membres adopte une position identique sur tous les aspects du dossier. Elle confirme surtout que, pour l’heure, Bruxelles privilégie la coopération avec Rabat et le processus politique de l’ONU plutôt qu’une confrontation diplomatique avec le maroc.




