Marzouki accuse l’Algérie d’avoir provoqué la « mort clinique » de l’Union du Maghreb

MOHAMED YAZID BENNOUNA22 août 2026Dernière mise à jour :
Marzouki accuse l’Algérie d’avoir provoqué la « mort clinique » de l’Union du Maghreb

L’ancien président tunisien Moncef Marzouki a vivement critiqué la politique algérienne concernant le Sahara occidental, estimant qu’elle constitue l’un des principaux obstacles à la relance de l’Union du Maghreb arabe.

Dans des déclarations récentes, Marzouki a dénoncé les tensions persistantes entre les pays nord-africains et leur impact sur la coopération régionale. Selon lui, la position d’Alger sur le dossier du Sahara contribue à maintenir la région dans une situation de blocage politique et économique.

Il a qualifié cette situation de « mort clinique » de l’Union du Maghreb arabe, estimant que la rivalité entre les États de la région favorise également l’augmentation des dépenses militaires et pèse sur les populations.

Marzouki rejette les accusations de proximité avec Rabat

Les propos de l’ancien président tunisien interviennent alors qu’il fait l’objet de critiques en Algérie.

Abdelaziz Rahabi, ancien ministre algérien de la Culture et de la Communication, a notamment accusé Marzouki d’avoir défendu des positions favorables à la France et au Maroc. Il a également évoqué l’existence supposée d’une proposition liant le soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara à un éventuel accès algérien à l’océan Atlantique.

Marzouki a rejeté ces accusations et affirmé qu’il n’entretenait aucune relation avec les autorités marocaines ou françaises depuis la fin de sa présidence.

Il a également démenti les informations faisant état d’une éventuelle double nationalité, affirmant rester exclusivement de nationalité tunisienne.

L’accès à l’Atlantique présenté comme une initiative de rapprochement

Interrogé sur l’idée d’offrir à l’Algérie un accès à l’Atlantique, Marzouki n’a pas rejeté cette possibilité.

Il a cependant présenté cette proposition comme un moyen de favoriser une réconciliation historique entre les pays du Maghreb, plutôt que comme une contrepartie liée au dossier du Sahara occidental.

L’ancien président tunisien a également rappelé ses efforts de 2012 pour réunir les cinq pays de l’Union du Maghreb arabe autour d’un projet de relance de l’organisation. Il affirme que tous les pays avaient accepté l’initiative, à l’exception de l’Algérie.

Pour Marzouki, cette expérience illustre les difficultés politiques qui empêchent depuis plusieurs décennies une véritable intégration régionale.

Marzouki critique également la situation politique en Tunisie

Les déclarations de l’ancien président ne se sont pas limitées aux relations entre les pays du Maghreb.

Marzouki a également critiqué le président tunisien Kais Saied, qu’il accuse d’avoir affaibli les institutions démocratiques et les libertés publiques en Tunisie.

Il a par ailleurs contesté les accusations selon lesquelles il aurait abandonné la position traditionnellement neutre de Tunis sur la question du Sahara occidental.

Une vive réaction dans la presse algérienne

Les déclarations de Marzouki ont suscité une forte réaction dans les médias algériens, notamment après son intervention sur France 24.

Plusieurs publications l’ont accusé de servir les intérêts de puissances étrangères et de contribuer à la déstabilisation de la Tunisie.

Le quotidien El Khabar l’a notamment décrit comme un « cheval de Troie » au service de forces considérées comme hostiles à la Tunisie. El Massa a également remis en question ses positions et ses supposées relations avec certains acteurs régionaux.

Rahabi a de son côté rapproché Marzouki de plusieurs personnalités critiques envers Alger, notamment l’ambassadeur marocain auprès des Nations unies Omar Hilale et l’écrivain Tahar Ben Jelloun.

Les divisions continuent de freiner le Maghreb

La controverse souligne une nouvelle fois les profondes divisions politiques qui persistent en Afrique du Nord.

Les relations entre le Maroc et l’Algérie restent particulièrement tendues en raison du conflit autour du Sahara occidental, tandis que leur frontière terrestre demeure fermée.

Pour Marzouki, cette confrontation empêche les pays du Maghreb de tirer pleinement parti de leurs liens historiques, économiques et culturels.

Ses déclarations relancent ainsi le débat sur l’avenir de l’Union du Maghreb arabe et sur les conséquences de la rivalité entre Rabat et Alger pour l’ensemble de la région.

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles